La Réserve de faune à okapis (RFO), située en Ituri, fait face à une recrudescence d'attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Cette instabilité sécuritaire compromet gravement les opérations de conservation et met en péril la vie du personnel ainsi que la survie des espèces protégées au sein de ce site classé au patrimoine mondial.
Une menace directe sur les agents et les infrastructures
Berce N'safuansa Disiki, directeur de conservation du projet « Conservation de l’Okapi », a alerté sur la multiplication des incursions armées aux abords du quartier général d'Epulu. En l'espace de quelques semaines, une dizaine d'attaques ont été recensées dans la zone, dont une incursion récente à Nduye ayant entraîné le décès d'un écogarde. Ces violences ne visent pas seulement les installations techniques de la réserve, mais frappent directement les équipes de terrain chargées de la surveillance de cet écosystème fragile.
Risques pour la biodiversité et les okapis en captivité
La situation sécuritaire actuelle fait peser un danger immédiat sur les trois okapis actuellement maintenus en captivité sur le site principal. Les responsables de la réserve craignent une répétition du traumatisme de 2012, année durant laquelle une attaque menée par des miliciens avait conduit à l'abattage de quatorze okapis et au saccage complet du quartier général. La protection de cette espèce emblématique de la République démocratique du Congo est intrinsèquement liée à la stabilité de la région et à la sécurité des communautés riveraines.
Appel urgent au renforcement des dispositifs de protection
Face à cette escalade, les acteurs de la conservation plaident pour un déploiement sécuritaire accru autour des stations de patrouille et des zones habitées. L'enjeu est double : il s'agit de garantir la sécurité physique des agents de conservation et des populations locales, tout en préservant l'intégrité de cette aire protégée contre les incursions répétées des groupes armés. La pérennité des activités scientifiques et de protection dépend désormais de la capacité des autorités à sécuriser durablement ce périmètre stratégique.