L'Association des médecins résidents du Centre hospitalier universitaire d'Uyo (UUTH), au Nigeria, a entamé une grève illimitée pour dénoncer l'agression physique d'un interne par une patiente âgée. Ce mouvement social, soutenu par l'Association médicale nigériane (NMA), met en lumière la vulnérabilité persistante du personnel soignant face aux violences au sein des établissements de santé.
Un climat de travail sous tension
L'arrêt de travail, effectif depuis mercredi matin, exige des autorités et de la direction de l'hôpital une réponse ferme : l'identification et la poursuite des auteurs de l'agression sous 48 heures. Au-delà de cet incident, les médecins réclament un renforcement immédiat des dispositifs de sécurité dans l'ensemble des structures hospitalières de l'État d'Akwa Ibom. Pour le corps médical, il est impératif de garantir un environnement exempt d'intimidation pour assurer la continuité des soins.
La récurrence des crises au CHU d'Uyo
Cette mobilisation survient dans un contexte déjà fragilisé. En mai dernier, l'établissement avait été le théâtre d'une grève prolongée suite à une intervention controversée de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), marquée par des allégations de brutalités policières. Ce précédent, qui avait conduit à l'arrestation de plusieurs membres du personnel, avait nécessité l'intervention de la direction nationale de l'EFCC pour apaiser les tensions. Ces événements successifs illustrent une instabilité chronique qui entrave régulièrement l'accès aux soins pour les patients.
Le défi de la protection des soignants
Face à la grève, la direction de l'hôpital, par la voix de son directeur médical en chef, Emem Bassey, a appelé à la reprise du travail. Tout en condamnant l'agression, il a souligné que les auteurs s'étaient excusés, s'interrogeant sur la nécessité de poursuites judiciaires contre une personne âgée. Il a toutefois reconnu la difficulté de sécuriser chaque unité hospitalière 24h/24, tout en insistant sur la nécessité d'un changement de comportement du public. Le directeur encourage les usagers à privilégier les mécanismes officiels de plainte plutôt que la violence.
Un enjeu national de sécurité publique
La situation à Uyo n'est pas isolée. Un rapport ministériel récent a recensé 18 cas d'agressions ou de harcèlement contre des soignants dans les hôpitaux tertiaires fédéraux nigérians au cours de l'année écoulée. En août, le gouvernement fédéral avait pourtant ordonné le renforcement des mesures de protection, une directive dont l'application concrète reste au cœur des revendications syndicales. Pour les patients, cette nouvelle interruption des services, après les perturbations liées aux mouvements sociaux nationaux du début d'année, pose la question de la résilience du système de santé local.