L'insécurité au Nord-Kivu menace l'intégrité des parcs nationaux et le financement des groupes armés

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
L'insécurité au Nord-Kivu menace l'intégrité des parcs nationaux et le financement des groupes armés

La persistance des affrontements armés dans l'est de la République démocratique du Congo fragilise gravement la gestion des aires protégées. À l'occasion de la Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre, des experts appellent à une refonte des moyens alloués à l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) pour endiguer le pillage des ressources naturelles.

Un patrimoine mondial sous pression sécuritaire

Le Parc national des Virunga, le Parc national de Kahuzi-Biega, le Parc national de la Maïko et la Réserve de faune à okapis, tous classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, sont aujourd'hui au cœur d'une zone de haute instabilité. La présence récurrente de groupes armés à l'intérieur ou à proximité immédiate de ces sites entrave les missions de surveillance et de préservation. Cette insécurité chronique expose les agents de l'ICCN à des risques accrus, ces derniers payant un tribut humain lourd pour maintenir l'intégrité de ces écosystèmes.

L'exploitation illégale comme levier de financement

L'absence de contrôle étatique effectif dans ces zones de conflit favorise le développement d'activités extractives illicites. Le braconnage, la production de charbon de bois et l'exploitation forestière frauduleuse ne constituent pas seulement des atteintes à la biodiversité ; ils servent également de sources de revenus pour les groupes armés actifs dans la région. Ce cercle vicieux transforme les ressources naturelles en un moteur économique de la violence, aggravant ainsi la pression environnementale sur des zones déjà fragilisées.

Renforcer les capacités opérationnelles de l'ICCN

Face à ce constat, Gédéon Bakerethi, expert en communication environnementale, préconise une montée en puissance de l'ICCN. Ce renforcement doit être multidimensionnel, englobant les capacités institutionnelles, humaines et technologiques. L'enjeu est de taille : il s'agit d'élaborer des stratégies de conservation spécifiquement adaptées aux réalités sécuritaires du terrain. Pour l'expert, une gestion efficace et sécurisée de ces espaces est une condition sine qua non pour préserver ce patrimoine national et mondial au profit des générations futures, tout en privant les acteurs armés de leurs ressources de subsistance.

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