L'insalubrité urbaine à N'Djamena alimente une crise sanitaire persistante liée à la dengue et au paludisme

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 9 lectures
L'insalubrité urbaine à N'Djamena alimente une crise sanitaire persistante liée à la dengue et au paludisme

La recrudescence de la dengue et du paludisme à N'Djamena met en lumière la vulnérabilité sanitaire de la capitale tchadienne face à une insalubrité chronique. L'état dégradé des infrastructures d'assainissement et la gestion inefficace des eaux usées créent des conditions propices à la prolifération des moustiques, vecteurs majeurs de ces pathologies.

Des infrastructures d'évacuation saturées

Le réseau d'assainissement de N'Djamena est aujourd'hui entravé par une accumulation massive de déchets solides. Dans de nombreux quartiers, les caniveaux, obstrués par des plastiques, des cartons et une végétation envahissante, ne parviennent plus à assurer leur fonction de drainage. Ces canaux, devenus des réceptacles d'eaux stagnantes, se transforment en gîtes larvaires actifs, favorisant la reproduction rapide des moustiques au cœur même des zones habitées.

La précarité des installations sanitaires dans les arrondissements

La situation est particulièrement critique dans les 7e et 9e arrondissements, où les carences en équipements de base sont manifestes. L'absence de couverture sur les fosses septiques et les latrines, couplée à l'écoulement des eaux usées directement sur la voie publique, aggrave les risques sanitaires. Cette précarité infrastructurelle est le reflet d'un défi national plus large : selon les données de l'OMS et de l'UNICEF, environ 63 % de la population tchadienne est encore contrainte à la défécation à l'air libre, un facteur aggravant pour la propagation des maladies infectieuses.

Les points d'eau comme foyers de contamination

Au-delà des infrastructures domestiques, les espaces publics dédiés à l'eau, tels que les bornes-fontaines, les stations de lavage ou les sites de production de glace, constituent des points de vigilance cruciaux. En raison d'un manque d'entretien et d'un drainage défaillant, ces lieux deviennent fréquemment des zones d'inondation permanente. Ces points d'eau, essentiels au quotidien des habitants, se muent ainsi en foyers de prolifération vectorielle.

L'impératif d'une gestion structurelle des déchets

Pour les experts en santé publique, la lutte contre ces épidémies ne peut reposer uniquement sur des campagnes de traitement chimique ou de sensibilisation. Une réponse durable nécessite une refonte de la gestion des déchets et un curage systématique des réseaux d'évacuation. L'éradication des eaux stagnantes et la mise aux normes des installations sanitaires apparaissent comme des conditions sine qua non pour protéger durablement la population contre les maladies transmises par les moustiques.

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