Depuis le déclenchement de la guerre en avril 2023, l’armée soudanaise s’appuie sur des milices proches du mouvement islamiste, notamment la brigade Al‑Baraa ben Malik. Cette coopération, renforcée par la désignation américaine des Frères musulmans soudanais comme organisation terroriste en mars 2026, alimente les interrogations sur l’influence réelle de ces groupes sur les décisions militaires et politiques du pays.
Une alliance militaire entre l’armée et les forces islamistes
Les Forces armées soudanaises (SAF) ont intégré plusieurs formations armées alliées pour contrer les Forces de soutien rapide (FSR). Parmi ces partenaires, la brigade Al‑Baraa ben Malik, liée au Mouvement islamique soudanais, joue un rôle opérationnel sur le terrain. Cette coopération a permis à l’armée de mobiliser des combattants supplémentaires, mais elle a également introduit des exigences idéologiques dans la chaîne de commandement.
La désignation américaine des Frères musulmans soudanais comme terroristes
En mars 2026, les États-Unis ont classé les Frères musulmans soudanais, le Mouvement islamique soudanais et la brigade Al‑Baraa ben Malik comme organisations terroristes étrangères. Washington accuse ces groupes de violences contre les civils et de prolonger le conflit. Cette décision internationale a intensifié la pression diplomatique sur le gouvernement soudanais et a mis en lumière la nature ambiguë de l’alliance entre l’armée et les islamistes.
Conséquences pour la stratégie militaire et la transition politique
Si le commandement officiel reste entre les mains des officiers de l’armée, l’influence des milices islamistes pourrait orienter les choix stratégiques, notamment en matière de négociations avec les FSR et de planification des opérations. Les analystes soulignent que la présence de ces groupes complique la crédibilité d’un processus de transition vers un pouvoir civil, car ils pourraient peser sur les décisions politiques une fois le conflit terminé.
Perspectives d’évolution et risques pour la stabilité régionale
Des enquêtes, dont une publiée par The National en mai 2025, indiquent un retour en force des réseaux islamistes dans le paysage politique soudanais. Cette dynamique pourrait renforcer leur poids dans les négociations futures et affecter la stabilité du Sahel. La communauté internationale suit de près l’évolution de cette alliance, qui pourrait devenir un facteur déterminant pour la paix durable et la gouvernance du Soudan.