À l'approche des élections générales de 2027 au Nigeria, la Commission électorale nationale indépendante (INEC) intensifie ses appels à la responsabilité des médias. Face à la montée en puissance des contenus générés par l'intelligence artificielle et des manipulations numériques, l'institution exhorte les journalistes à placer la vérification des faits au-dessus de la course à l'immédiateté pour préserver la stabilité nationale.
La menace des contenus manipulés
Lors d'une rencontre avec la presse à Umuahia, la commissaire électorale résidente de l'État d'Abia, le professeur Sylvia Uchenna Agu, a identifié les deepfakes, le clonage de voix et la diffusion de faux résultats comme des menaces majeures pour la crédibilité du scrutin. L'INEC insiste sur le fait que la publication d'informations non vérifiées, provenant de sources non autorisées, risque d'éroder la confiance du public dans le processus démocratique. Les médias sont ainsi invités à systématiquement croiser leurs données avec les canaux officiels de la Commission avant toute diffusion.
Renforcement de l'infrastructure technologique
Parallèlement à cet appel à la vigilance, l'INEC travaille à sécuriser son architecture numérique. L'institution mise sur l'amélioration du système d'accréditation biométrique des électeurs (BVAS) et du portail de visualisation des résultats (IReV). Ces outils, déjà éprouvés lors des scrutins précédents, permettent notamment de détecter les incohérences entre les résultats saisis manuellement et ceux transmis électroniquement. Le système EC8A, conçu pour bloquer tout téléchargement en cas de divergence constatée, constitue un levier technique essentiel pour prévenir les fraudes sur les chiffres d'accréditation.
Un cadre juridique pour la transparence
L'intégrité du processus électoral repose également sur le respect de la loi électorale de 2026. Ce cadre législatif renforce les obligations de transparence, notamment en imposant la transmission électronique des résultats des bureaux de vote. La loi prévoit désormais des sanctions contre les responsables qui entraveraient ce processus. L'INEC souligne que, si la technologie est un atout indispensable pour garantir la fiabilité des données, elle doit être soutenue par une formation rigoureuse des agents et une collaboration étroite avec les acteurs de la société civile et les médias, garants du devoir de redevabilité envers les citoyens.