Face à la décision du gouvernement ghanéen de confier la production des uniformes et équipements des services de sécurité aux entreprises locales, l'Association des industries du Ghana (AGI) intensifie ses efforts pour structurer la filière textile, habillement et cuir. Ce virage stratégique vers la commande publique représente une opportunité majeure de croissance, à condition toutefois de lever les freins structurels liés aux coûts de production et à la dépendance aux importations.
Renforcer l'adéquation entre formation et besoins industriels
Edwina Assan, présidente du secteur textile et cuir à l'AGI, souligne une carence en expertise technique au sein des institutions de formation actuelles. Pour pallier ce déficit, l'association préconise une collaboration étroite entre les centres éducatifs et les industriels expérimentés. L'objectif est de co-développer des programmes pédagogiques pragmatiques, permettant aux futurs travailleurs d'acquérir des compétences immédiatement opérationnelles pour répondre aux exigences de qualité des marchés publics.
Réduire la dépendance aux matières premières importées
L'un des obstacles majeurs à la compétitivité des produits ghanéens demeure le coût élevé des intrants importés. Selon l'AGI, la viabilité à long terme du secteur repose sur une transition vers une production locale de matières premières. Cette relocalisation de la chaîne d'approvisionnement est présentée comme le levier principal pour réduire les coûts de revient, permettre une meilleure rémunération de la main-d'œuvre et garantir des prix finaux compétitifs sur le marché intérieur.
Une montée en puissance avant toute mesure protectionniste
Tonyi Senayah, PDG de Horseman Shoes, appelle à une approche méthodique concernant la régulation des importations. Il estime que l'État doit d'abord se concentrer sur le renforcement des capacités productives des entreprises locales avant d'envisager des restrictions commerciales. Pour cet entrepreneur, la priorité doit être donnée à l'investissement dans le développement des entreprises, l'accès aux marchés et le soutien à l'innovation. Une telle stratégie, jugée indispensable pour créer des emplois durables, notamment pour la jeunesse, permettrait aux acteurs locaux d'atteindre une taille critique suffisante pour satisfaire la demande nationale tout en s'inscrivant dans une dynamique de croissance industrielle pérenne.