L'indépendance de la justice ghanéenne au cœur d'une controverse sur la gestion des retraites

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
L'indépendance de la justice ghanéenne au cœur d'une controverse sur la gestion des retraites

L'ancienne présidente du conseil d'administration du fonds de pension ghanéen (SSNIT), Elizabeth Ohene, a vivement critiqué les récentes déclarations du Chef de la justice du pays. Cette sortie fait suite à une vidéo officielle où le magistrat suprême semble valider une lecture partisane de la gestion passée et présente de l'institution, relançant le débat sur la neutralité de l'appareil judiciaire face aux alternances politiques.

Une mise en cause de la neutralité judiciaire

Au cœur de la polémique, une vidéo montrant le Chef de la justice lors d'une visite au SSNIT, où il qualifie l'état actuel de l'institution de « miraculeux » par rapport à une période antérieure décrite comme un « bas-fond ». Pour Elizabeth Ohene, cette rhétorique, qui s'apparente à un soutien politique explicite, fragilise l'image d'impartialité indispensable à la troisième branche du gouvernement. Elle souligne que lorsqu'un haut magistrat adopte un langage partisan, il sème le doute chez les citoyens sur l'équité des procès à venir, suggérant que la justice pourrait être « recalibrée » au gré des changements de pouvoir.

L'impasse sur les accusations de corruption

La controverse ravive le souvenir du scandale des hôtels du SSNIT, une affaire qui avait suscité une vive indignation publique et des menaces de grèves syndicales il y a plus de deux ans. Une plainte avait été déposée devant la Commission des droits de l'homme et de la justice administrative (CHRAJ) par l'actuel ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Elizabeth Ohene dénonce le fait que, malgré la gravité des accusations de corruption portées à l'époque, aucune conclusion n'a été rendue publique par la CHRAJ. Elle déplore que les réputations aient été entachées par un vacarme médiatique sans qu'aucune enquête judiciaire ne vienne confirmer ou infirmer les faits.

L'exigence de transparence institutionnelle

L'ancienne responsable du fonds de pension rappelle que la justice ne doit pas seulement être rendue, elle doit être vue comme telle. Elle exhorte le Chef de la justice à ne pas se contenter de visites guidées valorisantes, mais à exiger des réponses sur les dossiers pendants. Pour elle, le silence prolongé des autorités sur les allégations passées, couplé à des commentaires publics sur la gestion des fonds de retraite, constitue une forme de punition sans verdict. Elle appelle à ce que les faits, appuyés par des comptes audités, prévalent sur les discours politiques afin de garantir la sécurité financière des retraités ghanéens et de restaurer la confiance envers les institutions garantes de l'État de droit.

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