Le gouvernement indien a réaffirmé sa volonté de poursuivre ses achats de pétrole auprès de fournisseurs diversifiés, en dépit de l'adoption par le Congrès américain d'un nouveau train de sanctions visant la Russie. Cette position souligne la priorité accordée par New Delhi à la sécurité énergétique de ses 1,4 milliard d'habitants, tout en naviguant dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes entre Washington et Moscou.
Une réponse aux nouvelles mesures américaines
Le récent texte législatif adopté par le Congrès américain marque un tournant en ciblant directement la « flotte fantôme » de pétroliers utilisée par Moscou pour contourner les restrictions internationales. Au-delà de ces mesures, la loi confère au président Donald Trump l'autorité d'imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les importations de pétrole et de gaz en provenance des cinq principaux partenaires de la Russie, une liste incluant l'Inde et la Chine. L'objectif affiché par Washington est de tarir les revenus russes finançant le conflit en Ukraine.
La priorité à la sécurité énergétique nationale
Face à cette pression, le ministère indien des Affaires étrangères a adopté une posture ferme. New Delhi insiste sur le fait que ses décisions d'approvisionnement sont dictées par la nécessité de protéger ses intérêts économiques et de garantir la stabilité de son marché intérieur. Le gouvernement indien a précisé qu'il continuerait d'ajuster ses sources d'importation en fonction de l'évolution de la dynamique mondiale du marché, tout en rappelant le caractère stratégique de sa relation avec la Russie, partenaire historique et fournisseur majeur d'équipements militaires.
L'évolution des flux pétroliers vers l'Inde
L'Inde, qui occupe le rang de troisième importateur mondial de pétrole, a considérablement intensifié ses achats de brut russe au cours des derniers mois. Après avoir atteint un pic historique de 2,81 millions de barils par jour en juillet, les importations indiennes de pétrole russe se sont stabilisées à 2,07 millions de barils le mois dernier. Cette dépendance accrue, qui a suscité des critiques répétées de la part de Washington et de plusieurs capitales européennes, reste au cœur des échanges diplomatiques, comme en témoigne l'entretien récent entre le Premier ministre Narendra Modi et le président Vladimir Poutine lors du sommet des Brics.