L'arrivée massive de nouveaux constructeurs automobiles sur le marché européen se heurte à un obstacle logistique majeur : la gestion des sinistres. Aux Pays-Bas, l'assureur Univé a décidé de restreindre, voire de refuser, la couverture de plusieurs marques récentes, principalement chinoises, en raison de l'absence de visibilité sur les délais et les coûts de réparation.
Des délais de réparation qui inquiètent les assureurs
Le cœur du problème réside dans la chaîne d'approvisionnement des pièces détachées et l'accès à l'expertise technique. Pour les assureurs, l'incertitude est devenue un risque financier et opérationnel. Des professionnels du secteur rapportent des délais d'attente pouvant atteindre 200 jours pour obtenir des composants électroniques essentiels, comme des calculateurs. Cette indisponibilité prolongée immobilise les véhicules et alourdit considérablement les coûts de prise en charge pour les compagnies d'assurance.
L'absence de documentation technique comme frein
Au-delà de la logistique, c'est la capacité des ateliers locaux à intervenir sur ces nouveaux modèles qui pose question. Les constructeurs établis de longue date fournissent des protocoles de réparation détaillés, souvent traduits dans les langues locales. À l'inverse, certains nouveaux entrants ne proposent pas encore de manuels techniques accessibles en anglais ou en néerlandais. Cette lacune empêche les réparateurs de valider des procédures de sécurité, poussant parfois les assureurs à déclarer des véhicules en perte totale pour des dommages qui auraient pu être réparés sur des marques plus traditionnelles.
Une phase d'installation sous surveillance
Si Univé a exclu ou limité la couverture de marques comme Dongfeng, NIO, ZEEKR ou encore VinFast, cette position n'est pas généralisée à l'ensemble du secteur. Des assureurs comme Allianz ou Centraal Beheer maintiennent une offre ouverte. Par ailleurs, l'organisation professionnelle néerlandaise BOVAG souligne que ces difficultés sont inhérentes à la phase d'installation des nouveaux entrants. L'exemple de BYD ou de Lynk & Co démontre qu'une structuration rapide d'un réseau de concessionnaires locaux et d'une chaîne logistique robuste permet de lever ces réticences. Pour les consommateurs, cette situation souligne l'importance de vérifier la maturité du réseau de service après-vente avant tout investissement dans une marque encore peu implantée sur le marché européen.