L'implant rétinien Prima reçoit le feu vert européen pour restaurer la vision des patients atteints de DMLA

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 36 lectures
L'implant rétinien Prima reçoit le feu vert européen pour restaurer la vision des patients atteints de DMLA

Une avancée majeure dans le traitement de la cécité vient d'être franchie avec l'autorisation de mise sur le marché européen de l'implant sous-rétinien Prima. Ce dispositif, couplé à une intelligence artificielle, offre une perspective thérapeutique inédite aux personnes souffrant de dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) sévère.

Un dispositif bionique pour pallier la perte cellulaire

La DMLA, qui touche une part croissante de la population après 65 ans, détruit les cellules photoréceptrices de la rétine, rendant la vision centrale progressivement impossible. L'implant Prima, une puce microscopique de 2 mm sur 2 mm, est inséré sous la rétine pour se substituer aux cellules défaillantes. Le système est complété par des lunettes équipées d'une caméra intelligente qui traite les images en temps réel — en améliorant les contrastes et en simplifiant les scènes visuelles — avant de transmettre les informations directement au cerveau via l'implant.

Des résultats cliniques probants

L'efficacité de cette technologie a été démontrée lors d'essais cliniques menés dans cinq pays, incluant la France avec la participation d'institutions comme l'Inserm, le CNRS et l'Hôpital des Quinze-Vingts. Sur un panel de 38 patients âgés en moyenne de 79 ans, 80 % ont constaté une amélioration significative de leur acuité visuelle après un an d'utilisation. Si cette innovation ne permet pas une restauration totale de la vue, elle offre aux patients la capacité retrouvée de déchiffrer des mots et des chiffres, des tâches auparavant inaccessibles.

Déploiement européen et enjeux d'accès

Suite à l'obtention du marquage CE, les premières interventions chirurgicales sont programmées en Allemagne dès ce mois-ci. En France, bien que la technologie soit issue de la recherche nationale, le calendrier de déploiement reste à définir. L'enjeu majeur pour les mois à venir réside dans les modalités de prise en charge et de remboursement par les systèmes de santé. Par ailleurs, les patients devront suivre un processus d'apprentissage exigeant, le cerveau devant s'adapter à une vision initialement perçue comme une mosaïque de pixels avant de pouvoir interpréter correctement les formes et les caractères.

Limites et vigilance médicale

Malgré l'enthousiasme suscité par cette prouesse technologique, les experts rappellent la nécessité d'une surveillance clinique rigoureuse. Des effets secondaires, tels que des risques d'hypertension oculaire ou de décollement de la rétine, ont été identifiés lors des phases de test. Toutefois, la communauté scientifique estime que le bénéfice fonctionnel apporté aux patients compense largement ces risques, marquant une rupture avec les approches médicales passées qui se limitaient majoritairement à la préservation de la vision résiduelle.

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