Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye poursuit une restructuration ciblée des hautes sphères de l’administration publique, marquée par le limogeage de plusieurs responsables affiliés au parti Pastef, proche de son prédécesseur Ousmane Sonko. Cette opération, qualifiée par certains observateurs de « désonkisation », vise à écarter les cadres jugés trop proches de l’opposition des postes stratégiques dans les entreprises et institutions nationales.
Parmi les figures évincées figurent des directeurs généraux de sociétés publiques, dont ceux du Port autonome de Dakar, du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3FPT), ainsi que de l’Office national de la formation professionnelle (ONFP). Ces limogeages s’accompagnent de nominations de nouveaux responsables, souvent issus de l’Alliance pour la République (Apr), parti présidentiel. Selon le texte source, ces changements s’inscrivent dans une logique de consolidation du pouvoir exécutif avant les prochaines échéances électorales.
La présidence a également annoncé des mesures similaires pour d’autres postes clés, notamment celui du directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications (ARTP), dont le maintien temporaire a été signalé. Un appel à candidatures a été lancé pour son remplacement, confirmant la volonté de réorganiser en profondeur les structures sous tutelle de l’État. Parallèlement, des nominations ont été opérées dans des secteurs stratégiques comme les mines et les infrastructures routières, avec le retour de Cheikh Dieng, anciennement écarté par Ousmane Sonko, à la tête du Fonds d’entretien routier autonome (Fera).
Ces mouvements s’ajoutent à une série de limogeages déjà actés lors du dernier Conseil des ministres, ciblant notamment des dirigeants de sociétés minières et d’autres institutions publiques. L’objectif affiché est de réduire l’influence des partisans de Sonko au sein de l’appareil d’État, tout en renforçant les leviers de contrôle du pouvoir en place. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte électoral tendu, avec les élections locales de 2027 et la présidentielle de 2029 en ligne de mire.
Les observateurs soulignent que ces réformes administratives pourraient avoir des répercussions sur la gestion des entreprises publiques, souvent critiquées pour leur opacité et leur inefficacité. La « désonkisation » pourrait ainsi servir de levier pour une refonte plus large des institutions, bien que les modalités pratiques de ces changements restent à préciser. Les prochains jours devraient apporter de nouveaux éléments sur l’ampleur de cette restructuration et ses conséquences pour l’économie sénégalaise.