L'Institute of Economic Affairs (IEA) s'oppose fermement à la proposition d'étendre de quatre à cinq ans le mandat du président et des députés ghanéens. Pour l'institut, la durée actuelle est largement suffisante pour mener à bien des politiques publiques, à condition que les exécutifs fassent preuve d'une meilleure préparation opérationnelle dès leur prise de fonction.
Une exigence de préparation immédiate
L'ancienne présidente de la Cour suprême et membre de l'IEA, Sophia Akuffo, a souligné qu'aucune preuve tangible ne justifie l'ajout d'une année supplémentaire. Selon elle, les partis politiques doivent anticiper leur programme bien avant d'accéder au pouvoir afin d'être opérationnels dès le premier jour. Elle a notamment critiqué la lenteur récurrente dans la nomination des ministres et des hauts fonctionnaires, un délai qui, selon l'IEA, ampute inutilement le temps disponible pour l'exécution des réformes promises aux citoyens.
Le débat sur l'efficacité et la redevabilité
La proposition d'extension, soutenue par le gouvernement et recommandée par le comité Prempeh, repose sur l'idée qu'un mandat plus long favoriserait une meilleure mise en œuvre des politiques. À l'inverse, l'IEA rappelle que la brièveté du cycle électoral est un levier essentiel de la redevabilité démocratique. L'institut met en garde contre une lecture erronée des causes de l'instabilité politique : les difficultés de mise en œuvre ne découleraient pas de la durée du mandat, mais plutôt de la faiblesse des institutions et de la tendance des gouvernements successifs à abandonner les projets de leurs prédécesseurs.
Vers un cadre de développement national
Plutôt que de modifier la durée des mandats, l'IEA préconise de renforcer la Commission nationale de planification du développement (NDPC). L'enjeu est de stabiliser une trajectoire de développement à long terme qui transcende les alternances politiques. En s'appuyant sur un cadre national solide, les gouvernements pourraient ainsi mener des programmes ambitieux tout en respectant le cycle électoral de quatre ans, garantissant ainsi une continuité nécessaire à la transformation économique du pays sans compromettre l'exigence démocratique.