L'Institut des affaires économiques (IEA) a officiellement exprimé son désaccord avec la stratégie gouvernementale visant à encadrer les élections des chefs de districts (MMDCE). Le think tank plaide pour une ouverture totale du scrutin, jugeant que le contrôle présidentiel sur la sélection des candidats entrave la véritable décentralisation du pouvoir.
Une divergence sur le mode de sélection
Le cœur du débat porte sur le processus de désignation des candidats aux postes de Metropolitan, Municipal and District Chief Executives. Alors que le gouvernement propose un système où le Président nommerait une liste de cinq prétendants, préalablement validés par un comité de sélection, l'IEA rejette fermement cette approche. Pour l'institut, ce mécanisme maintient une influence indue de l'exécutif sur les instances locales, contredisant l'esprit d'une élection libre et démocratique.
La vision d'une démocratie locale citoyenne
L'IEA préconise un modèle où tout citoyen remplissant les conditions légales pourrait se porter candidat sans passer par un filtre présidentiel. Selon l'organisation, la vitalité de la démocratie à l'échelle des districts dépend de la capacité des populations locales à choisir elles-mêmes leurs représentants. Ce processus, idéalement non partisan, permettrait de renforcer la légitimité des élus locaux et de garantir une gestion plus proche des réalités territoriales, libérée des logiques de nomination centrale.
Le cadre institutionnel de la réforme
Cette controverse s'inscrit dans le cadre plus large de la révision de la Constitution de 1992, initiée par le Président John Dramani Mahama en 2025. Le comité présidé par le professeur H. Kwasi Prempeh avait initialement suggéré une introduction progressive des élections locales, en fonction des capacités administratives et financières de chaque district. Pour transformer ces recommandations en actes, une commission de mise en œuvre de 11 membres, dirigée par Marietta Brew Appiah-Oppong, a été installée le 28 août 2026 par le ministre de la Justice, Dr Dominic Ayine. Le travail de cette commission sera déterminant pour arbitrer entre la vision gouvernementale et les exigences de réforme portées par les acteurs de la société civile.