Une enquête de l’ICPC révèle comment une prétendue agence présidentielle nigériane a infiltré l’administration fédérale avant d’être démasquée, entraînant des recommandations de sanctions contre 13 hauts fonctionnaires et des poursuites contre son directeur autoproclamé.
Treize fonctionnaires visés par des sanctions administratives
L’Independent Corrupt Practices and Other Related Offences Commission (ICPC) a recommandé des mesures disciplinaires à l’encontre de 13 responsables administratifs pour leur rôle dans la légitimation d’une structure illégale, le Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC). Parmi eux figurent des directeurs de ministères clés comme le Budget, la Planification nationale ou encore le Bureau du Secrétaire général de la Fédération.
Ces sanctions s’ajoutent à la poursuite judiciaire d’Adeniyi Adeyemi, présenté comme le directeur général du PFIPC, accusé de faux et usage de faux, d’usurpation d’identité et de fausses déclarations aux autorités. L’enquête confirme qu’il n’a jamais été nommé par le gouvernement fédéral et que le PFIPC n’a aucun fondement légal.
Des lacunes institutionnelles exploitées par l’agence fantôme
L’ICPC souligne que le PFIPC a pu accéder à des privilèges administratifs – locaux, systèmes financiers, comptes bancaires – en présentant des documents présentés comme des instruments présidentiels officiels. Plusieurs institutions, dont la Banque centrale du Nigeria, ont traité ses demandes sans vérifier son statut réel. L’enquête révèle des failles dans les procédures de vérification, permettant à des entités illégales de s’infiltrer dans l’administration.
Parmi les exemples cités : l’obtention d’espaces de bureau au Secrétariat fédéral d’Abuja en novembre 2024, ou encore la création de comptes en dollars et livres sterling auprès de la CBN en juillet 2025, sur la base de lettres officielles émanant d’autres ministères.
Une seconde agence illégale découverte dans la foulée
L’affaire du PFIPC a conduit à l’identification d’une autre structure fantôme, le National Brands Development and Made in Nigeria Special Project Office, opérant au sein même du Bureau du Secrétaire général de la Fédération. Son promoteur présumé, George Buchi Nwabueze, a été arrêté, tandis que trois secrétaires permanents ont été suspendus. L’ICPC évoque l’utilisation de faux instruments législatifs et des complicités au sein de l’OSGF pour légitimer ces entités.
Ces révélations soulèvent des questions sur la robustesse des mécanismes de contrôle interne au sein des institutions nigérianes, alors que le gouvernement tente de restaurer la confiance dans l’administration publique.
Réactions officielles et suites judiciaires
La Présidence a catégoriquement démenti toute existence légale du PFIPC ou de son directeur autoproclamé, précisant que le Chief of Staff, Femi Gbajabiamila, n’a joué aucun rôle dans cette affaire. Adeniyi Adeyemi, déjà inculpé pour huit chefs d’accusation incluant complot et faux, a été arrêté en juillet après avoir ignoré une convocation judiciaire. Son procès est en cours.
L’ICPC a transmis ses recommandations aux autorités compétentes pour application, tout en poursuivant ses investigations sur d’autres pistes, notamment les flux financiers suspects liés à ces agences illégales. Ces dysfonctionnements pourraient entraîner des réformes structurelles dans la gestion des institutions fédérales.