Libye : un nouvel accord politique sous médiation internationale tente de tracer la voie vers des élections nationales

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 49 lectures
Libye : un nouvel accord politique sous médiation internationale tente de tracer la voie vers des élections nationales

Les principales factions politiques et militaires libyennes ont signé un accord sous l'égide de la mission de l'ONU (UNSMIL) visant à organiser des élections présidentielles et législatives dans un délai de 24 mois. Ce pacte, porté par un comité dit « 4+4 », tente de surmonter une décennie de blocages institutionnels et de divisions territoriales entre l'Est et l'Ouest du pays.

Une architecture de pouvoir inédite

Le comité « 4+4 » se distingue des tentatives précédentes par la participation directe des acteurs détenant le pouvoir réel sur le terrain. Huit membres composent cette instance : deux représentants de la Chambre des représentants, deux du Haut Conseil d'État, deux du gouvernement de Tripoli dirigé par Abdul Hamid Dbeibah, et deux du commandement militaire de l'Est sous Khalifa Haftar. Cette structure vise à équilibrer les influences tout en restructurant la Commission électorale nationale et en instaurant une rotation des sessions officielles entre Tripoli, Benghazi et Sabha.

Des concessions juridiques controversées

Pour faciliter ce processus, l'accord introduit des modifications majeures aux conditions d'éligibilité. Il autorise désormais les binationaux à se présenter à la présidence, à condition de renoncer à leur nationalité étrangère avant l'investiture, et permet aux officiers militaires de concourir après avoir quitté leurs fonctions. Ces ajustements sont largement perçus comme une porte ouverte aux candidatures de Khalifa Haftar et de son fils, Saddam Haftar, dont l'influence politique et militaire s'est considérablement accrue ces dernières années.

L'implication des puissances étrangères

Ce rapprochement s'inscrit dans une offensive diplomatique intense menée par les États-Unis. Washington propose notamment des investissements dans le secteur pétrolier libyen en échange d'une unification de l'exécutif. Ce schéma pourrait aboutir à un partage du pouvoir où Abdul Hamid Dbeibah conserverait son poste de Premier ministre tandis que Saddam Haftar accéderait à la présidence. Parallèlement, ce dernier multiplie les rencontres internationales, consolidant ses appuis auprès de plusieurs capitales occidentales et régionales.

Le spectre de l'échec des processus passés

Malgré la signature, le scepticisme demeure profond au sein de la société libyenne. Plusieurs figures politiques, dont le chef du Haut Conseil d'État Mohammed Takala, ont boycotté ou critiqué le processus, dénonçant un manque de transparence et une ingérence étrangère excessive. Les analystes soulignent que, comme lors des accords de Skhirat en 2015 ou des tentatives de 2021, la volonté réelle des dirigeants actuels de céder le pouvoir en cas de défaite électorale reste incertaine. La crainte que cet accord ne serve qu'à légitimer les factions en place plutôt qu'à instaurer une véritable transition démocratique constitue le principal point de vigilance pour les observateurs.

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