Les Forces armées arabes libyennes (FAAL), qui contrôlent l'est et le sud de la Libye, ont procédé à l'exécution d'au moins 31 personnes depuis fin août. Ces mises à mort, les premières recensées dans le pays depuis 2010, font suite à des procès militaires expéditifs dont la légalité est vivement contestée.
Des procédures judiciaires hors du cadre constitutionnel
Les exécutions surviennent en dépit d'un arrêt rendu en novembre 2025 par la chambre constitutionnelle de la Cour suprême libyenne, qui a invalidé la compétence des tribunaux militaires pour juger des civils. Malgré cette décision, les FAAL, sous l'autorité du général Khalifa Haftar, continuent de traduire des civils devant des juridictions militaires. Ces procès se déroulent à huis clos, sans accès pour les familles ou les observateurs, et les accusés se voient régulièrement refuser le droit à une défense indépendante.
Des aveux sous la torture et un déni de justice
Les condamnations reposent majoritairement sur des aveux qui auraient été extorqués sous la torture par l'Agence de sécurité intérieure, une entité affiliée aux FAAL. Les témoignages recueillis soulignent une absence totale de garanties procédurales : les accusés n'ont pas accès aux preuves retenues contre eux, et aucun jugement écrit et motivé n'est transmis aux parties. La cruauté de ces pratiques est accentuée par le refus des autorités de restituer les corps aux familles, lesquelles se voient également interdire l'organisation de funérailles.
Un risque imminent pour 50 détenus
La situation demeure critique alors qu'au moins 50 autres personnes, actuellement détenues à la prison militaire de Gernada, risquent d'être exécutées à court terme. Cette vague de répression intervient dans un contexte de fragmentation profonde du système judiciaire libyen, où les deux autorités rivales — le Gouvernement d'unité nationale à l'ouest et les FAAL à l'est — agissent dans une impunité quasi totale. Les organisations internationales appellent désormais les gouvernements étrangers qui soutiennent les FAAL à exercer une pression directe pour stopper ces exécutions et exiger le transfert des dossiers vers des tribunaux civils conformes aux normes internationales.