Un ancien directeur des Domaines et maire de Djiddah Thiaroye Kao, Mamadou Guèye, a recouvré sa liberté provisoire après plusieurs mois de détention préventive. Cette décision intervient dans le cadre d’un dossier judiciaire complexe, marqué par des accusations d’escroquerie sur les deniers publics, de faux et usage de faux, ainsi que de blanchiment de capitaux. Une issue qui relance les débats sur l’équité des procédures judiciaires au Sénégal.
Un dossier judiciaire aux enjeux politiques
Mamadou Guèye, figure locale influente, était détenu depuis mars 2026 dans le cadre d’une enquête portant sur l’assiette foncière du tribunal de Pikine-Guédiawaye. Son interpellation, ordonnée par le juge d’instruction Magatte Thiam, avait été suivie d’un mandat de dépôt. Le dossier, considéré comme l’un des plus sensibles de ces derniers mois, implique également d’autres personnalités, dont l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall et l’ex-directeur des Domaines Mame Boye Diao, déjà libérés.
Une mobilisation politique en faveur de sa libération
Dès mai 2026, une première demande de liberté provisoire avait été rejetée par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Cette décision avait provoqué une réaction unanime du conseil municipal de Djiddah Thiaroye Kao, toutes tendances politiques confondues, qui avait interpellé publiquement le président Bassirou Diomaye Faye. Les élus dénonçaient un traitement inéquitable, soulignant que quatre des cinq personnes visées dans le dossier avaient déjà recouvré leur liberté. C’est finalement après des mois de bataille judiciaire que Mamadou Guèye a obtenu gain de cause.
Une procédure judiciaire toujours en cours
Malgré cette libération provisoire, la procédure judiciaire à l’encontre de Mamadou Guèye reste active. Les accusations portées contre lui, notamment en matière de détournement de fonds publics et de blanchiment, pourraient encore entraîner des développements majeurs. Cette affaire, qui mêle enjeux locaux et nationaux, continue de susciter des interrogations sur l’indépendance de la justice et l’application des procédures dans les dossiers sensibles.