Après plusieurs semaines de détention, les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont été placés sous un régime de liberté provisoire. Cette décision judiciaire intervient alors que les trois hommes, interpellés fin juillet dans le nord du Togo, font l'objet de poursuites pour fausses déclarations dans le cadre du tournage d'un documentaire.
Un dénouement judiciaire partiel
L'affaire, qui a suscité une attention particulière, a connu une évolution notable avec la libération de Gaël Mocaër et de Fred Vedomey, confirmée par leur conseil, Me Martial Akakpo. Sebastian Perez Pezzani, dont l'état de santé avait nécessité une première libération sous contrôle judiciaire dès la fin du mois d'août, demeure également à Lomé, bien que son passeport ait été confisqué par les autorités. À ce stade, les conditions précises et les éventuelles restrictions imposées par la justice togolaise dans le cadre de cette liberté provisoire n'ont pas été communiquées.
Le cœur des accusations togolaises
Les autorités togolaises justifient ces poursuites par l'existence d'indices graves concernant des irrégularités commises lors de la préparation et de l'exécution de la mission de tournage. Le grief principal porte sur l'utilisation d'un drone dans le nord du pays, une zone où le contexte sécuritaire est particulièrement sensible en raison de la menace d'attaques jihadistes. Si le gouvernement togolais maintient la thèse d'infractions administratives et sécuritaires, la société de production des documentaristes conteste formellement ces accusations, affirmant que l'équipe était en règle. Les prévenus, pour leur part, nient les faits qui leur sont reprochés.
Un enjeu de liberté et de sécurité
Cette affaire souligne les tensions récurrentes entre les impératifs de sécurité nationale et l'exercice du travail journalistique ou documentaire. Le Togo, classé 97e au dernier index de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, se trouve régulièrement sous le regard des organisations internationales concernant ses pratiques en matière de libertés publiques. La suite de la procédure judiciaire permettra de déterminer si les éléments avancés par l'accusation sont suffisants pour justifier un procès ou si les charges seront abandonnées, clôturant ainsi un dossier qui illustre la complexité des conditions de reportage dans les zones sous haute surveillance sécuritaire en Afrique de l'Ouest.