Les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont été placés en liberté provisoire après plus d'un mois de détention à Lomé. Cette décision judiciaire marque une étape significative dans une affaire qui soulève des questions sur les conditions d'exercice du journalisme et de la production audiovisuelle dans un contexte sécuritaire régional complexe.
Le dénouement d'une détention prolongée
Arrêtés le 27 juillet dernier dans le nord du Togo alors qu'ils tournaient un épisode de la série documentaire Les routes de l'impossible, les trois hommes étaient maintenus en détention depuis plusieurs semaines. Si Sebastian Perez Pezzani avait bénéficié d'une remise en liberté sous contrôle judiciaire fin août pour des raisons de santé, ses deux confrères, Gaël Mocaër et Fred Vedomey, n'ont été libérés que début septembre. L'avocat des prévenus, Martial Akakpo, a confirmé cette évolution, accueillie avec soulagement par l'organisation Reporters sans frontières (RSF).
Les griefs de la justice togolaise
Les autorités togolaises poursuivent les trois hommes pour « fausses déclarations ». La justice locale affirme détenir des « indices graves » concernant des irrégularités dans la préparation et l'exécution de leur mission de tournage. Parmi les reproches formulés figure l'absence d'autorisations adéquates ainsi que l'utilisation d'un drone dans une zone septentrionale où la situation sécuritaire est particulièrement tendue, en raison de la menace djihadiste transfrontalière provenant du Burkina Faso. De son côté, la société de production conteste ces accusations, assurant que l'équipe était en règle.
Un climat tendu pour les médias étrangers
Cette affaire s'inscrit dans un environnement médiatique sous haute surveillance au Togo, pays classé 97e sur 180 au dernier index de la liberté de la presse de RSF. Les tensions entre le pouvoir en place et les médias internationaux sont palpables, comme en témoigne la suspension, depuis juin 2025, de la diffusion de Radio France Internationale (RFI) et de France 24 sur le territoire togolais. Les autorités avaient alors justifié cette mesure par la diffusion de « propos inexacts et tendancieux » en lien avec des manifestations sociales.