Libération de quatre journalistes à Yaoundé après une garde à vue arbitraire

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 37 lectures
Libération de quatre journalistes à Yaoundé après une garde à vue arbitraire

Quatre journalistes camerounais ont recouvré la liberté ce lundi 21 septembre 2026, après avoir passé six jours en garde à vue à Yaoundé. Initialement interpellés pour un vol présumé d'accessoires appartenant au ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey, ils ont finalement été libérés sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.

Une interpellation fondée sur des soupçons infondés

L'affaire débute le 16 septembre 2026 au Palais des congrès de Yaoundé, en marge de la clôture des journées du groupe de la Banque islamique de développement (BID). François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili, présents pour couvrir l'événement, sont arrêtés par les forces de l'ordre. Le motif invoqué est le vol des lunettes du ministre Alamine Ousmane Mey. Cependant, les objets en question sont retrouvés dès le lendemain à l'intérieur du véhicule personnel du membre du gouvernement, rendant caduque l'accusation initiale.

Le glissement vers une procédure pour intrusion

Malgré la découverte des lunettes, la procédure judiciaire ne s'arrête pas. Les enquêteurs réorientent alors les investigations vers une suspicion d'« intrusion non autorisée » lors d'une réunion à huis clos. Présentés devant le procureur de la République près le Tribunal de première instance du Mfoundi le 18 septembre, les quatre professionnels des médias sont maintenus en garde à vue pour des investigations complémentaires. Ils passeront au total six jours dans les locaux du commissariat central N°1 de Yaoundé avant d'être relâchés sans poursuites.

Une mobilisation pour la liberté d'informer

Cette détention a suscité une vive indignation au sein de la corporation et des organisations de défense des droits humains. Le Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication (Spic) et le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) ont dénoncé une « détention arbitraire » et une atteinte grave à la liberté de la presse. Pour ces organisations, l'utilisation de motifs dérisoires pour priver des journalistes de leur liberté constitue un signal inquiétant pour l'exercice du métier au Cameroun. La profession appelle désormais à ce que toute la lumière soit faite sur les conditions de cette interpellation, afin de garantir le respect des procédures légales et la protection des journalistes dans l'exercice de leurs fonctions.

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