L'Association du transport aérien international (IATA) a exprimé ses vives inquiétudes face à l'accumulation des contraintes réglementaires imposées par l'Union européenne. L'organisation estime que ces normes pèsent lourdement sur la compétitivité des compagnies aériennes, avec des coûts de conformité atteignant près de 10 milliards d'euros pour la seule année 2024.
Un fardeau financier en constante augmentation
Selon les données présentées par l'IATA, le coût pour se conformer aux exigences européennes s'est élevé à 9,9 milliards d'euros en 2024 pour les transporteurs du continent. L'organisation anticipe une trajectoire inflationniste préoccupante, projetant que cette charge financière pourrait grimper jusqu'à 33 milliards d'euros d'ici 2050. Face à ces chiffres, l'IATA plaide pour une harmonisation des politiques afin de limiter les entraves à la compétitivité du secteur.
Tensions sur les contrôles aux frontières et le marché du carbone
L'offensive de l'IATA se cristallise autour de deux dossiers majeurs. D'une part, la mise en œuvre du système automatisé de contrôle des passeports aux frontières (EES) est pointée du doigt pour les perturbations opérationnelles qu'elle engendre, notamment des retards et des correspondances manquées dans les aéroports. D'autre part, l'organisation conteste le maintien d'un marché du carbone spécifique à l'UE. Elle estime que ce système, qui s'ajoute au dispositif international Corsia adopté par 134 pays, crée une volatilité réglementaire préjudiciable aux investissements à long terme.
Un changement de stratégie diplomatique à Bruxelles
Pour porter ses revendications, l'IATA mise sur un renouvellement de sa gouvernance. Neva Sadikoglu-Novaky a pris ses fonctions à la tête du bureau de représentation auprès de l'UE en juin dernier, tandis que Saadia Zahidi, issue du Forum économique international, prendra la direction générale de l'organisation le 1er novembre. Ce changement de leadership marque une volonté de privilégier la diplomatie et le dialogue, en rupture avec le style plus confrontationnel de l'ancien dirigeant Willie Walsh, alors que l'influence de Bruxelles sur les régulateurs mondiaux reste un point de vigilance majeur pour l'industrie.