L'hypertension artérielle menace la population active ghanéenne de moins de 50 ans

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 27 lectures
L'hypertension artérielle menace la population active ghanéenne de moins de 50 ans

Le paysage sanitaire ghanéen connaît une mutation profonde : les maladies cardiovasculaires, portées par l'hypertension artérielle, sont devenues la première cause de mortalité dans le pays. Cette pathologie, autrefois associée au vieillissement, frappe désormais de plein fouet la population active de moins de 50 ans.

Une mutation du profil épidémiologique

Selon le professeur Alfred Doku, chef du service de cardiologie au National Cardiothoracic Centre, les causes de décès au Ghana ont radicalement évolué. Si le pays a réussi à contenir des menaces historiques comme le paludisme, la tuberculose ou la malnutrition, il fait face aujourd'hui à une crise silencieuse. Les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) représentent désormais entre 40 et 50 % de la mortalité nationale. Cette tendance est particulièrement préoccupante pour l'économie, car elle touche directement les citoyens en âge de travailler.

Le défi de l'observance thérapeutique

Un obstacle majeur identifié par les spécialistes est l'arrêt prématuré des traitements par les patients, notamment chez les hommes. Ces derniers craignent souvent que les médicaments antihypertenseurs n'entraînent des troubles de l'érection. Cette appréhension conduit de nombreux patients à interrompre leur suivi médical, préférant risquer des complications fatales plutôt que d'altérer leurs performances sexuelles. Le corps médical souligne toutefois que cette crainte est souvent infondée ou mal interprétée : les troubles de l'érection peuvent être une conséquence directe de l'hypertension ou du diabète sous-jacent, et non un effet secondaire systématique des traitements.

La nécessité d'un dialogue médical

Face à ce constat, les cardiologues appellent à une communication plus ouverte entre les patients et les praticiens. Le professeur Doku insiste sur le fait qu'il existe une grande variété de molécules et d'options thérapeutiques permettant d'ajuster les traitements sans compromettre la qualité de vie sexuelle. L'abandon unilatéral du traitement est formellement déconseillé, car il expose les patients à des risques immédiats de décès soudain, d'AVC ou de handicaps permanents. La recommandation est claire : toute préoccupation liée aux effets secondaires doit faire l'objet d'une consultation pour permettre une adaptation personnalisée de la prise en charge, plutôt que d'un arrêt dangereux pour la santé.

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