L'héritage de Serigne Fallou Mbacké : bâtir l'essor économique et social de Touba

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 26 lectures
L'héritage de Serigne Fallou Mbacké : bâtir l'essor économique et social de Touba

Le 58e anniversaire du rappel à Dieu de Serigne Fallou Mbacké, deuxième khalife général des Mourides, offre l'occasion d'analyser l'empreinte profonde laissée sur la cité de Touba. Entre 1945 et 1968, son magistère a transcendé la dimension spirituelle pour structurer durablement le développement urbain, agricole et social de la ville.

Une transformation infrastructurelle majeure

Sous la direction de Serigne Fallou Mbacké, Touba a connu une mutation physique sans précédent. Dès 1959, il a impulsé le lotissement de la cité, une étape décisive pour organiser l'expansion urbaine. Cette planification s'est accompagnée d'investissements cruciaux dans les services de base, notamment l'accès à l'eau potable par le creusement de nombreux puits et l'amélioration de l'approvisionnement électrique. L'aboutissement de cette période de grands travaux fut l'inauguration, le 7 juin 1963, de la Grande Mosquée de Touba, un édifice dont la construction avait débuté en 1932.

Le levier de l'économie agricole et commerciale

Le khalife a également structuré l'économie locale pour assurer l'autonomie de la communauté et soutenir la solidarité sociale. Il a favorisé une politique agricole ambitieuse, marquée par la création de nombreux villages destinés à la production. Cette dynamique a été complétée par la fondation du marché Ocass, devenu un pôle commercial central. Ces initiatives visaient à créer un écosystème capable de financer les besoins de la mosquée tout en offrant des moyens de subsistance aux disciples, ancrant ainsi la confrérie dans une réalité économique concrète.

Transmission des savoirs et institutionnalisation

Au-delà des infrastructures, Serigne Fallou Mbacké a institutionnalisé la vie religieuse et éducative à Touba. En 1947, il a instauré le Grand Magal, événement devenu un pilier de la vie sociale et spirituelle mouride. Sur le plan éducatif, il a intégré un daara au sein de la Grande Mosquée, garantissant la pérennité de l'apprentissage du Coran et des valeurs islamiques. Par la fondation de Ndindy en 1913, bien avant son accession au khalifat, il avait déjà posé les jalons d'un modèle de séjour spirituel qui reste, aujourd'hui encore, une composante essentielle de l'organisation sociale de la commune de Touba.

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