Le député Éric Coquerel, porte‑parole économique de La France insoumise, a présenté mercredi le contre‑budget du parti, qui prévoit 81 milliards d’euros de dépenses nouvelles pour relancer l’économie. Le financement serait assuré par 106 milliards d’euros de recettes supplémentaires, principalement grâce à une hausse de l’imposition du capital. Cette proposition contraste avec la stratégie d’austérité du gouvernement, qui mise sur la réduction des dépenses.
Un plan de dépenses plus ambitieux que celui du gouvernement
Le projet de LFI prévoit 81 milliards d’euros d’investissements supplémentaires, contre une réduction de 54 milliards d’euros annoncée par le pouvoir exécutif. Les fonds seraient destinés à renforcer les services publics, soutenir les entreprises et répondre aux besoins des salariés et des artisans.
Financement par une taxation accrue du capital
Coquerel explique que la majeure partie des recettes proviendrait d’une révision à la hausse de l’imposition des revenus du capital, jugés « sous‑imposés ». Selon lui, il s’agit de « chercher l’argent qui n’est pas productif », afin de redistribuer les ressources vers l’investissement réel plutôt que vers l’accumulation de richesse.
Débats et réactions des économistes
Le contre‑budget a suscité le scepticisme de plusieurs économistes qui questionnent la viabilité des recettes envisagées et le risque de pression sur les marchés financiers. Malgré ces réserves, les représentants de LFI insistent sur le caractère « anti‑récessif » du plan et sur son potentiel à créer des parts de marché pour les petites et moyennes entreprises.
Positionnement politique et enjeux électoraux
Le contre‑budget a été dévoilé lors d’une conférence de presse conjointe avec Jean‑Luc Mélenchon, soulignant la volonté du parti de se démarquer du programme du président Emmanuel Macron. En présentant un plan qui combine dépenses publiques massives et hausse de la fiscalité du capital, LFI cherche à mobiliser les électeurs préoccupés par la précarité et la compétitivité des entreprises françaises.
Dividendes : un argument de performance européenne
Coquerel a conclu en rappelant que, malgré les déficits, la France reste « championne d’Europe et vice‑championne du monde des dividendes ». Cette remarque vise à montrer que le pays peut soutenir les actionnaires tout en augmentant les investissements publics, un équilibre que le parti estime possible grâce à une fiscalité plus progressive.
Défis de mise en œuvre et perspectives
Si le contre‑budget était adopté, le gouvernement devrait réviser le code des impôts, notamment les taux applicables aux revenus du capital et aux plus‑values. Le processus législatif impliquerait des négociations avec le Parlement et les partenaires sociaux, ainsi qu’une surveillance étroite des marchés pour éviter une fuite des capitaux.