L’extraction sauvage du sable érode le fleuve Chari au Tchad, une menace écologique aux conséquences dramatiques

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
L’extraction sauvage du sable érode le fleuve Chari au Tchad, une menace écologique aux conséquences dramatiques

L’exploitation intensive du sable dans le fleuve Chari, au Tchad, met en péril les écosystèmes locaux et les moyens de subsistance des communautés riveraines. Une activité qui, bien que lucrative à court terme, aggrave l’érosion des berges et perturbe les cycles naturels, avec des répercussions déjà visibles sur la biodiversité et l’agriculture.

Une activité extractive en pleine expansion malgré les alertes

Le fleuve Chari, artère vitale pour le Tchad, voit ses berges s’effriter sous l’effet de l’extraction massive de sable. Cette pratique, souvent menée de manière informelle et sans régulation, répond à une demande croissante en matériaux de construction. Pourtant, les conséquences environnementales sont immédiates : destruction des habitats aquatiques, perturbation des courants et accélération de l’érosion. Les autorités locales, confrontées à des moyens limités, peinent à encadrer cette activité, malgré les alertes des scientifiques et des associations.

Des communautés riveraines en première ligne

Les villages situés le long du Chari, comme ceux de la région du Logone Oriental, subissent directement les effets de cette exploitation. Les terres arables se réduisent, les cultures sont menacées par l’intrusion d’eau salée, et les poissons, base de l’alimentation locale, disparaissent progressivement. « Avant, nous avions assez de poissons pour nourrir nos familles et vendre au marché. Aujourd’hui, c’est de plus en plus rare », témoigne un pêcheur de Bongor. Les déplacements de populations, autrefois rares, deviennent une réalité pour certains habitants forcés de quitter leurs terres.

Un équilibre écologique en péril

Le fleuve Chari joue un rôle clé dans l’écosystème du bassin du lac Tchad, déjà fragilisé par les changements climatiques et la désertification. L’extraction du sable aggrave la dégradation des sols et réduit la capacité du fleuve à absorber les crues, augmentant les risques d’inondations en aval. Les experts soulignent que cette activité, si elle n’est pas régulée, pourrait accélérer la disparition de zones humides essentielles pour la survie de nombreuses espèces. « Le sable du Chari n’est pas une ressource inépuisable. Son extraction à ce rythme menace l’avenir même du fleuve », avertit un hydrogéologue basé à N’Djamena.

Vers une régulation urgente ?

Face à l’urgence, des voix s’élèvent pour demander un moratoire sur l’extraction du sable dans le Chari, couplé à des alternatives économiques pour les populations dépendantes de cette activité. Le gouvernement tchadien, déjà engagé dans des projets de restauration des écosystèmes, pourrait intégrer cette problématique dans ses politiques environnementales. Une chose est sûre : sans action concertée, les générations futures hériteront d’un fleuve Chari méconnaissable, où la vie aura cédé la place à l’aridité et à la précarité.

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