L'expulsion du député Samuel Abu Jinapor du Parlement ghanéen souligne les tensions autour de la gestion des passeports diplomatiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
L'expulsion du député Samuel Abu Jinapor du Parlement ghanéen souligne les tensions autour de la gestion des passeports diplomatiques

Une séance parlementaire sous haute tension s'est soldée par l'expulsion du député de Damongo, Samuel Abu Jinapor, après son refus de retirer des accusations portées contre le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa. Cet incident illustre la fracture croissante entre la majorité et l'opposition concernant la gouvernance des documents de voyage officiels et la gestion des fonds publics.

Un bras de fer sur la délivrance des passeports

Le cœur du conflit réside dans les allégations de Samuel Abu Jinapor, qui accuse le ministre des Affaires étrangères d'être impliqué dans la vente illégale de passeports diplomatiques. Cette sortie a provoqué une vive réaction au sein de l'hémicycle, le leader de la majorité, James Agalga, contestant la véracité de ces propos. Face au refus du député de se rétracter, le président de l'Assemblée a ordonné son évacuation par le maréchal du Parlement, une décision qualifiée d'injuste et disproportionnée par le leader de la minorité, Alexander Afenyo-Markin.

Des soupçons d'irrégularités administratives

Au-delà de l'incident parlementaire, cette affaire s'inscrit dans un climat de défiance généralisée. Le New Patriotic Party (NPP) pointe du doigt l'attribution de passeports de service à six individus dont les fonctions officielles seraient inexistantes ou mal documentées. Dans une démarche inédite, le parti a sollicité l'ambassade des États-Unis au Ghana afin de suspendre la reconnaissance de ces documents, exigeant une vérification indépendante de l'éligibilité des bénéficiaires.

La pression de la rue pour la transparence

La contestation ne se limite pas aux enceintes parlementaires. En parallèle, des manifestants proches de l'opposition ont investi les rues d'Accra lors d'une marche baptisée « Yɛgye Yɛn Sika ». Les protestataires exigent des comptes sur les 49,72 millions de GH¢ dépensés pour l'évacuation de 1 964 citoyens ghanéens depuis l'Afrique du Sud, dénonçant des doublons et des lacunes documentaires. Si le ministre Ablakwa rejette toute malversation financière et appelle à un audit indépendant, l'opposition maintient sa pression, réclamant désormais sa démission ou son limogeage par le président John Dramani Mahama.

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