Le Musée des Civilisations noires de Dakar accueille l'exposition « Empreinte 100 », une initiative croisant les regards d'artistes sénégalais et chinois autour des valeurs de paix, de coopération et de préservation environnementale. Au-delà de la dimension esthétique, cet événement souligne la nécessité d'un accompagnement institutionnel renforcé pour les jeunes créateurs et prépare le terrain culturel en amont des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026.
Un dialogue artistique entre le Sénégal et la Chine
L'exposition, qui se déploie jusqu'au 15 novembre, réunit 14 artistes sénégalais — représentant les 14 régions du pays — et leurs homologues chinois. Ce projet, qui a débuté à Paris en 2024, s'inscrit dans une volonté de favoriser les échanges interculturels. Pour Jingshi Feng, président du comité Empreinte 100 ans, l'objectif est de créer une plateforme pérenne de rencontres entre sportifs, artistes et institutions, prolongeant cette dynamique bien au-delà des échéances olympiques de 2026 et 2028.
L'art comme levier de sensibilisation écologique
Plusieurs artistes présents utilisent leurs œuvres pour alerter sur l'urgence climatique et les mutations urbaines. Le plasticien Ismaïla Weber voit dans cette exposition un moyen de sensibiliser la jeunesse aux dégradations environnementales, complétant ainsi le message porté par le sport. De son côté, le graffeur Ibra interroge, à travers ses créations, le rapport complexe entre l'individu et son cadre de vie, marqué par une urbanisation galopante et des changements de milieu profonds.
Les défis structurels du secteur culturel
Malgré l'ambition diplomatique de l'événement, les artistes pointent des obstacles persistants pour la création locale. Le manque d'espaces polyvalents pour travailler et exposer, ainsi que les difficultés de conservation des œuvres après les expositions, restent des préoccupations majeures. Par ailleurs, la question de la mobilité internationale des créateurs africains a été soulevée, notamment les contraintes liées à l'obtention de visas qui freinent la circulation des œuvres et des talents à l'étranger.
Vers une meilleure valorisation du patrimoine
Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a réaffirmé la volonté de l'État de faire de la culture un levier d'attractivité, tout en insistant sur la nécessité d'une programmation régulière au Musée des Civilisations noires. Kalidou Kassé, parrain artistique, a rappelé la responsabilité des institutions dans la transmission du patrimoine. Pour lui, le succès de cette initiative repose sur la capacité des autorités à pérenniser ces échanges et à garantir des conditions concrètes permettant aux artistes de faire rayonner leur savoir-faire sur la scène internationale.