La course à la neutralité carbone en Chine, qui prévoit que le solaire représente 45 % de son mix énergétique d'ici 2060, engendre des conséquences écologiques inattendues. Une étude publiée dans la revue Science souligne que l'installation massive de parcs photovoltaïques, couvrant déjà plus de 4 500 km², entraîne un recul mesurable de la diversité aviaire dans les régions concernées.
L'impact des politiques solaires sur la faune
Les chercheurs ont analysé les données de 2 344 comtés chinois pour évaluer la corrélation entre l'intensité des politiques de soutien au solaire et la richesse des espèces d'oiseaux. Les résultats indiquent qu'une augmentation de quatre points de l'indice de développement solaire local coïncide avec une baisse d'environ 2 % de l'indice de Shannon, qui mesure la diversité biologique. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les zones riches et non désertiques, où les infrastructures solaires viennent fragmenter des habitats naturels essentiels à la survie et à la migration des oiseaux.
La transformation des terres en question
La diminution de la biodiversité s'explique principalement par la conversion de terres agricoles et de prairies en zones aménagées pour les panneaux photovoltaïques. Cette artificialisation des sols modifie profondément les écosystèmes, privant les espèces de leurs ressources alimentaires et de leurs zones de reproduction. Les auteurs de l'étude alertent sur le fait que, sans une planification spatiale rigoureuse, les impératifs de la transition énergétique peuvent compromettre involontairement les équilibres écologiques locaux.
Vers une meilleure intégration écologique
Actuellement, le choix des sites d'implantation en Chine est dicté par des priorités politiques, techniques et économiques, reléguant l'adéquation écologique au second plan. Les experts préconisent une intégration plus systématique des enjeux de biodiversité dans la planification territoriale. Si certaines initiatives, comme la « Grande Muraille solaire » dans le désert de Kubuqi, favorisent la revégétalisation des sols arides, elles ne compensent pas les pertes de diversité dans les zones plus fertiles. Ce dilemme entre décarbonation et protection de la nature n'est pas propre à la Chine, des observations similaires ayant été rapportées aux États-Unis, soulignant un défi global pour les politiques énergétiques mondiales.