L'expansion de l'aéroport de Roissy face à l'impératif climatique : un modèle de croissance sous tension

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 24 lectures
L'expansion de l'aéroport de Roissy face à l'impératif climatique : un modèle de croissance sous tension

Le développement des infrastructures de l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle se heurte frontalement aux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le Groupe ADP prévoit une hausse constante du trafic pour les prochaines décennies, la dépendance du secteur aux énergies fossiles rend l'atteinte des objectifs climatiques particulièrement incertaine.

Des projections de trafic en hausse constante

Malgré une légère baisse de fréquentation observée durant l'été 2025, liée au coût élevé des carburants et des billets, la trajectoire de croissance de Roissy demeure orientée à la hausse. Le gestionnaire de l'aéroport anticipe une montée en charge progressive, visant 88 millions de passagers à l'horizon 2035, pour dépasser le seuil des 100 millions dans les années 2040. À terme, en 2050, les prévisions tablent sur une moyenne dépassant les 1 600 mouvements d'avions par jour, soit plus d'un décollage ou atterrissage par minute.

Un plan d'investissement de 8,2 milliards d'euros

Pour soutenir cette dynamique, le Groupe ADP mise sur ses atouts structurels : une réserve foncière importante et quatre pistes opérationnelles. Le nouveau contrat de régulation économique, couvrant la période 2027-2034, prévoit un investissement de 8,2 milliards d'euros. Ce programme, qui remplace le projet abandonné du « Terminal 4 », se concentre sur la modernisation des installations et l'ajout de nouvelles portes d'embarquement. Si ces infrastructures sont présentées comme une optimisation, elles sont perçues par les organisations environnementales comme une extension de capacité incompatible avec la Stratégie nationale bas carbone.

Le défi de la neutralité carbone

Le secteur aérien, dont les émissions à Roissy ont atteint 12,6 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2025, peine à amorcer une transition réelle. Les associations comme Transport & Environment France, Réseau action climat et Rester sur terre soulignent que même en intégrant les gains d'efficacité énergétique des appareils et l'utilisation croissante de carburants d'origine non fossile (SAF), le « budget carbone » fixé par l'Union européenne pour 2050 ne pourra être respecté. Face à ces critiques, les partisans de l'expansion avancent l'argument de la compétitivité internationale, craignant qu'un plafonnement de l'activité à Paris ne profite aux autres grands hubs européens, déplaçant ainsi les émissions plutôt que de les réduire.

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