L'ancienne présidente de l'Assemblée nationale et ex-ministre de la Défense, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, est au cœur d'un procès pour corruption et blanchiment d'argent. Elle conteste les accusations selon lesquelles des fonds illicites auraient servi à financer les travaux de rénovation de sa résidence privée entre 2018 et 2020.
Les soupçons sur le financement des travaux
Le cœur de l'accusation repose sur des paiements en espèces qui auraient été effectués par Nombasa Ntsondwa-Ndhlovu, une contractante du secteur militaire, au profit de l'ancienne responsable politique. Selon les éléments présentés par l'accusation, ces fonds auraient été directement injectés dans la modernisation de la propriété de Mme Mapisa-Nqakula située à Bruma. Le montant total des prestations, incluant les travaux de construction, le mobilier et la décoration, est estimé entre 1,7 et 1,8 million de rands, selon les déclarations de la décoratrice d'intérieur en charge du projet.
La défense face aux transactions en espèces
À la barre pour le troisième jour consécutif, l'ancienne ministre a formellement nié avoir eu recours à des fonds d'origine illicite. Pour justifier l'usage massif de paiements en espèces, elle a invoqué une difficulté personnelle avec les outils bancaires numériques. Elle a affirmé devant la cour avoir éprouvé de grandes difficultés à s'adapter aux virements électroniques (EFT) après la suppression des chèques, précisant qu'elle n'a véritablement maîtrisé ces outils qu'après son départ de la vie politique active.
Un enjeu de probité publique
Ce procès marque une étape significative dans le contrôle de l'intégrité des hauts responsables sud-africains. Au-delà du cas individuel, l'affaire interroge les pratiques financières des personnalités occupant des fonctions régaliennes et les risques de conflits d'intérêts avec des prestataires du secteur de la défense. La cour doit désormais déterminer si les explications fournies par l'accusée suffisent à justifier l'origine des fonds utilisés pour ses rénovations privées, alors que le ministère public maintient ses accusations de corruption.