Au 12 octobre 2026, les installations de stockage de gaz de l’Union européenne n’étaient remplies qu’à 73,6 % de leur capacité, soit 831,86 térawattheures, un niveau historiquement bas pour cette période. Cette situation expose le continent à des tensions d’approvisionnement pendant l’hiver et à une possible hausse des prix, alors que les marchés mondiaux restent volatils.
Niveau de remplissage au 12 octobre 2026
Selon les données de Gas Infrastructure Europe, les stocks européens s’élevaient à 73,61 % le 12 octobre à 6 h CET, le plus bas observé à cette date depuis plusieurs années. Ce chiffre représente une réserve nettement inférieure à celle enregistrée lors des mêmes semaines des années précédentes, réduisant la marge de manœuvre des acteurs du marché face à d’éventuels déséquilibres.
Objectifs européens et prévisions pour novembre
Le cadre réglementaire de l’UE fixe un objectif de 90 % de remplissage entre le 1er octobre et le 1er décembre, avec une marge de flexibilité liée aux conditions d’achat et aux premiers soutirages. Les analystes interrogés par Reuters estiment que le niveau atteindra entre 75 % et 78 % début novembre, soit environ dix points en dessous de la moyenne des cinq dernières années.
Impacts sur les prix et la concurrence mondiale
Depuis le début de l’année, les prix de référence du gaz en Europe ont grimpé de plus de 150 %. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, qui ont limité les exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis, ont accentué la rareté de l’offre. Cette pénurie pousse les acheteurs européens à rivaliser avec l’Asie pour les cargaisons disponibles, alors que les livraisons supplémentaires des États‑Unis, du Canada et du Nigeria ne compensent pas entièrement le déficit.
Conséquences pour l’hiver 2026 et le remplissage de 2027
Les stocks couvrent habituellement 25 % à 30 % de la consommation hivernale de l’UE. Avec une météo moyenne, les réserves du nord‑ouest de l’Europe pourraient descendre à 20 % début avril ; un hiver froid les ferait chuter entre 10 % et 15 %, un niveau jugé très difficile pour le remplissage suivant. Cette faiblesse intervient avant l’interdiction totale des importations de GNL russe prévue en 2027, ce qui obligera l’Europe à acheter davantage de gaz au printemps et à l’été 2027, période où la demande asiatique restera élevée, maintenant ainsi la pression sur les prix.