L’Union européenne accélère sa course technologique en lançant un plan massif de sept usines d’intelligence artificielle d’ici 2028, avec un budget total de 30 milliards d’euros. Porté par une enveloppe publique de 10 milliards et un objectif de 20 milliards supplémentaires issus du secteur privé, ce projet vise à combler le retard face aux États-Unis et à la Chine, tout en sécurisant l’autonomie stratégique du continent.
Un plan industriel ambitieux pour réduire la dépendance
Le projet s’inscrit dans une volonté de structurer une filière européenne de l’IA, encore fragmentée face aux écosystèmes américains et chinois. Les sept méga-usines prévues devraient concentrer des capacités de calcul et de traitement de données à grande échelle, essentielles pour les modèles d’IA avancés. L’appel d’offres lancé fin juillet marque une étape concrète, avec une enveloppe publique de 10 milliards d’euros destinée à financer les infrastructures et à attirer des investissements privés complémentaires. L’enjeu dépasse la simple compétition technologique : il s’agit de garantir à l’Europe une souveraineté dans un domaine où les données et les infrastructures deviennent des leviers de puissance.
Enjeux économiques et géopolitiques en jeu
Ce pari industriel s’accompagne de défis majeurs. D’abord, la capacité à mobiliser les 20 milliards d’euros attendus du secteur privé, dans un contexte de ralentissement économique et de méfiance des investisseurs face aux projets à long terme. Ensuite, la coordination entre les États membres, certains disposant déjà de pôles technologiques avancés (comme la France ou l’Allemagne), tandis que d’autres peinent à suivre. Enfin, la question de l’attractivité des sites proposés jouera un rôle clé : les régions devront offrir des conditions optimales (énergie, main-d’œuvre qualifiée, stabilité réglementaire) pour séduire les promoteurs de ces usines. À plus long terme, ce projet pourrait redéfinir les équilibres géopolitiques de l’IA, en offrant à l’Europe une alternative crédible aux modèles dominés par les États-Unis et la Chine.