Les géants européens de l’automobile Volkswagen et Stellantis lancent un plaidoyer pour un bonus écologique strictement réservé aux véhicules électriques produits en Europe, une mesure qui pourrait déclencher une guerre commerciale avec la Chine.
Un secteur automobile européen sous pression face à l’offensive chinoise
Représentant 8 % du PIB et 13 millions d’emplois dans l’Union européenne, l’industrie automobile est un pilier économique en danger. Les constructeurs locaux, dont Volkswagen et Stellantis, subissent une concurrence accrue des modèles électriques chinois, souvent moins chers grâce à des normes sociales et environnementales moins strictes. Face à cette menace, les deux groupes appellent à une riposte ciblée : un bonus « made in Europe » qui exclurait les véhicules assemblés hors du continent, même partiellement.
Quatre critères stricts pour un label « made in Europe »
Pour bénéficier du bonus écologique et de l’accès aux marchés publics, les véhicules devraient respecter des exigences précises : une production entièrement réalisée en Europe, une chaîne de traction locale, des batteries fabriquées sur place et une électronique embarquée issue du Vieux Continent. L’objectif ? Réserver les aides publiques aux seuls modèles contribuant à la souveraineté industrielle européenne. Mais cette stratégie soulève une question cruciale : comment concilier compétitivité et relocalisation sans alourdir les coûts pour les consommateurs ?
Protectionnisme ou survie industrielle ? Le dilemme européen
Les dirigeants de Volkswagen et Stellantis justifient leur demande par un paradoxe : pour maintenir des prix accessibles, les constructeurs européens sont contraints d’importer des composants chinois, notamment les batteries. Une dépendance qui fragilise leur position face à des concurrents bénéficiant de subventions massives. Pourtant, le label « made in Europe » pourrait s’avérer insuffisant. La Chine, déjà en train d’implanter des usines sur le sol européen pour contourner les barrières douanières, menace de riposter par des mesures protectionnistes, risquant d’entraver la transition écologique mondiale.
Bruxelles entre deux feux : transition verte et tensions diplomatiques
Le futur projet de loi européen *Industrial Accelerator Act*, qui prévoit des barrières commerciales contre les véhicules chinois, cristallise les tensions avec Pékin. La Chine dénonce une « discrimination institutionnelle » et promet des représailles légales si l’UE persiste dans cette voie. Dans ce contexte, l’Europe doit arbitrer entre protéger son industrie et éviter une escalade commerciale qui pourrait ralentir la décarbonation du secteur automobile.