L'Éthiopie franchit une étape historique en devenant le premier pays africain à délivrer des cartes d'identité officielles aux réfugiés, leur offrant ainsi un accès inédit à l'emploi, aux services publics et à la mobilité.
Une première africaine aux enjeux multiples
Dans un contexte où plus de 900 000 réfugiés vivent sur son sol, principalement originaires du Soudan du Sud, de Somalie et d'Érythrée, l'Éthiopie a lancé un programme pilote de cartes d'identité biométriques pour les réfugiés. Cette initiative, annoncée en 2026, vise à briser les barrières administratives qui les excluent depuis des décennies. Jusqu'à présent, les réfugiés dépendaient de documents temporaires, limitant leur accès à l'éducation, aux soins ou à l'emploi formel.
Des droits concrets pour des milliers de personnes
Les nouvelles cartes, délivrées par le Bureau éthiopien pour les affaires des réfugiés et des rapatriés (ARRA), permettent désormais aux réfugiés de s'inscrire dans les écoles publiques, de bénéficier de programmes de santé nationaux et de signer des contrats de travail légaux. Selon les autorités, plus de 50 000 cartes ont déjà été distribuées dans les camps de réfugiés du pays, avec un objectif de couverture totale d'ici 2028. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'un accord tripartite avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui salue une avancée « sans précédent » en Afrique.
Un modèle pour le continent ?
Cette décision place l'Éthiopie en tête des pays africains en matière d'intégration des réfugiés, alors que la plupart des États du continent maintiennent des politiques restrictives. Le pays mise sur ce dispositif pour stimuler l'économie locale, en permettant aux réfugiés de contribuer activement au marché du travail. Les observateurs soulignent cependant que son succès dépendra de la mise en œuvre effective des droits accordés, notamment dans les zones rurales où l'accès aux services reste limité. Une question se pose désormais : cette initiative inspirera-t-elle d'autres nations africaines confrontées à des crises migratoires prolongées ?