La Fédération éthiopienne de football (EFF) a officiellement soumis sa candidature pour accueillir la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2028. Soutenu par le gouvernement, ce dossier vise à marquer le retour de la compétition dans le pays, qui n'a plus organisé l'événement depuis 1976.
Un déficit d'infrastructures aux normes internationales
Si l'Éthiopie affiche sa volonté politique, la réalité du terrain impose des défis considérables. Actuellement, le pays ne dispose que d'un seul stade homologué par la Confédération africaine de football (CAF), le stade Bahir Dar. Bien que la construction du stade international Adey Abeba à Addis-Abeba, d'une capacité de 62 000 places, soit en phase finale, le cahier des charges pour une compétition à 24 équipes exige une multiplication des sites aux standards élevés. La majorité des installations régionales existantes ne répondent pas encore aux critères stricts de la CAF et de la FIFA, nécessitant des investissements massifs en matière de stades, de centres d'entraînement et de réseaux de transport.
Les enjeux de sécurité et de stabilité
Au-delà des équipements sportifs, la question de la sécurité représente un point de vigilance majeur pour les instances décisionnaires. Si la capitale Addis-Abeba demeure relativement stable, plusieurs régions du pays sont marquées par des conflits armés et des troubles politiques persistants. La capacité de l'État à garantir un environnement sécurisé pour les délégations, les supporters et les infrastructures logistiques sera un facteur déterminant dans l'évaluation de la candidature éthiopienne par la CAF.
Une concurrence régionale accrue
L'Éthiopie n'est pas seule sur les rangs pour l'édition 2028. Elle fait face à une candidature conjointe portée par le bloc de l'Afrique australe, incluant le Botswana, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe. Ce projet collectif mise sur une mutualisation des ressources et des infrastructures déjà existantes. Parallèlement, la CAF continue de recevoir des dossiers pour les éditions 2032 et 2036, alors que la compétition s'apprête à entamer un nouveau cycle quadriennal après 2028. Pour Addis-Abeba, l'enjeu est de convaincre que ses projets de développement urbain et sportif pourront être finalisés dans les délais impartis, malgré un historique récent où l'équipe nationale a dû disputer ses matchs de qualification sur terrain neutre faute d'infrastructures adéquates.