La Fédération éthiopienne de football (EFF) a officiellement déposé sa candidature pour organiser la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2028. Soutenu par le gouvernement, ce projet vise à marquer le retour du tournoi majeur du continent sur ses terres, plus de cinquante ans après sa dernière édition organisée en 1976.
Un déficit d'infrastructures aux normes
Si l'ambition est affichée, la réalité du terrain impose des défis considérables. Actuellement, le pays ne dispose que d'un seul stade homologué par la Confédération africaine de football (CAF), le stade de Bahir Dar. Bien que le nouveau complexe sportif international Adey Abeba, situé dans la capitale, soit en phase d'inauguration, le format actuel de la compétition, qui réunit 24 équipes, exige un nombre important de sites conformes aux standards internationaux. La mise à niveau des autres enceintes régionales, encore largement insuffisante, représente un obstacle majeur pour répondre aux critères stricts de la CAF en matière d'accueil et de logistique.
Les enjeux de sécurité et de logistique
Au-delà des enceintes sportives, la candidature éthiopienne se heurte à des interrogations sur la capacité du pays à garantir un environnement stable. Si Addis-Abeba demeure une zone relativement sécurisée, la persistance de conflits armés et de tensions politiques dans plusieurs régions du pays constitue un point de vigilance critique. Le succès de cette candidature dépendra de la capacité des autorités à démontrer une maîtrise totale de la sécurité, mais aussi à moderniser les infrastructures de transport et les capacités d'hébergement nécessaires pour accueillir les délégations et les supporters internationaux.
Une concurrence régionale accrue
L'Éthiopie n'est pas seule dans la course pour 2028. Elle fait face à une concurrence sérieuse, notamment une candidature conjointe portée par le Botswana, la Namibie, l'Afrique du Sud et le Zimbabwe. Ce dossier groupé mise sur une mutualisation des ressources pour répondre aux exigences logistiques de la CAF. Par ailleurs, le paysage des candidatures pour les éditions futures reste dynamique, avec des pays comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger manifestant un intérêt commun pour 2032. Pour l'Éthiopie, le chemin vers 2028 nécessitera non seulement des investissements massifs, mais aussi une démonstration de stabilité politique et opérationnelle convaincante face aux instances dirigeantes du football africain.