L'Éthiopie bascule à nouveau dans la violence armée avec la reprise des hostilités au Tigré

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 13 lectures
L'Éthiopie bascule à nouveau dans la violence armée avec la reprise des hostilités au Tigré

Le fragile accord de paix de Pretoria, signé en 2022, a volé en éclats sous l'effet d'une recrudescence des affrontements armés dans le nord de l'Éthiopie. Les forces fédérales et leurs alliés ont repris le contrôle de la ville stratégique d'Alamata, tandis que le conflit s'étend désormais aux régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, provoquant un nouveau cycle de violences et de déplacements de populations.

La chute d'Alamata et l'escalade militaire

La reprise de la ville d'Alamata par les forces gouvernementales et les milices alliées marque un tournant tactique majeur. Située à environ 120 km au sud de Mekele, cette localité constitue un nœud logistique essentiel pour l'approvisionnement en carburant et en vivres. Sa reconquête permet à l'armée fédérale de consolider ses positions et d'exercer une pression accrue sur la capitale régionale du Tigré. Parallèlement, les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont intensifié leurs opérations, notamment dans la région de l'Afar, où la prise de la ville d'Erebti menace les axes vitaux d'importation reliant l'Éthiopie au port de Djibouti.

Une coalition d'opposition face au gouvernement

Ce regain de tension intervient dans un contexte politique profondément transformé par la création de l'Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie. Cette coalition, qui regroupe le TPLF et six autres mouvements armés, dont l'Armée de libération oromo et le mouvement Fano, affiche désormais l'objectif explicite de renverser l'administration du Premier ministre Abiy Ahmed. Le gouvernement fédéral, de son côté, dénonce une ingérence étrangère, accusant l'Érythrée, le Soudan et l'Égypte de soutenir les rebelles, des allégations fermement démenties par les pays concernés.

Le lourd tribut humanitaire

Le coût humain de cette reprise des hostilités est immédiat et alarmant. Les structures de santé, telles que les hôpitaux de Korem et d'Alamata, font face à un afflux massif de blessés, avec un nombre de patients ayant plus que doublé en seulement 48 heures. Selon les organisations présentes sur le terrain, environ 150 000 personnes ont déjà été contraintes de fuir leurs foyers. La situation est aggravée par une coupure quasi totale des réseaux de communication dans la région du Tigré, entravant l'acheminement de l'aide et la documentation précise des besoins des populations civiles prises au piège des combats.

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