Washington et Téhéran s’affrontent désormais ouvertement autour du détroit d’Ormuz, artère stratégique où transitent 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Alors que les États-Unis affirment avoir neutralisé les mines posées dans ce couloir maritime, l’Iran menace de fermer définitivement ce passage si ses revendications ne sont pas satisfaites, plongeant la région dans une instabilité aux conséquences économiques mondiales.
Washington impose un ultimatum à l’Iran après la neutralisation des mines
Le président américain Donald Trump a annoncé sur sa plateforme Truth Social que la marine américaine avait « retiré ou fait exploser » toutes les mines présentes dans le détroit d’Ormuz, une zone que l’Iran a largement fermée depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Dans le même temps, il a menacé de « détruire systématiquement » tout navire ou embarcation iranienne posant de nouvelles mines, une déclaration qui s’inscrit dans une stratégie de pression maximale sur Téhéran. Ces propos interviennent alors que les États-Unis viennent de frapper l’économie iranienne de nouvelles sanctions économiques, qualifiées par Washington de « mesures décisives » pour affaiblir le régime de Téhéran.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a prévenu que tout État entretenant des liens financiers avec l’Iran s’exposerait à un isolement diplomatique et économique. Une position qui place Pékin, premier client du pétrole iranien, dans une position délicate, d’autant que les deux puissances doivent entamer des négociations commerciales dès le mois prochain. La Chine a d’ores et déjà réaffirmé son opposition aux sanctions américaines, qu’elle qualifie d’« illégales et unilatérales », tout en promettant de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts.
Téhéran mise sur une stratégie de contrôle maritime et de négociations en lambeaux
Malgré les sanctions et la pression militaire, l’Iran persiste dans sa volonté d’imposer un contrôle total sur le détroit d’Ormuz, une position rejetée par Washington et la majorité des pays, qui considèrent ce passage comme une voie maritime internationale. Le ministre iranien de l’Économie, Ali Madanizadeh, a affirmé que Téhéran était « pleinement préparé » à subir de nouvelles sanctions, qu’il présente comme une « nouvelle défaite » pour les États-Unis. Pourtant, l’économie iranienne, déjà fragilisée par des années de blocus et la guerre, peine à absorber ces chocs.
Les négociations engagées en juin dernier sous l’égide d’un mémorandum d’entente prévoyant un délai de 60 jours pour trouver un accord sur la gestion du détroit ont échoué. Un accord temporaire, négocié cette semaine entre l’Iran et Oman – un allié des États-Unis –, pourrait cependant dessiner une issue partielle. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères adjoint, Kazem Gharibabad, un corridor maritime temporaire serait mis en place, permettant aux navires commerciaux de transiter, mais sous conditions strictes : passage obligatoire par les eaux iraniennes, exclusion des navires militaires, et fermeture du corridor sud recommandé par Washington. Ce dispositif, qualifié de « temporaire », devrait être remplacé d’ici 60 jours par un accord permanent, sous peine de voir le détroit fermé définitivement.
Le détroit d’Ormuz, symbole des tensions géopolitiques et des enjeux énergétiques
La fermeture partielle du détroit depuis le début du conflit a déjà provoqué des fluctuations brutales des prix du pétrole sur les marchés mondiaux, rappelant la vulnérabilité des approvisionnements énergétiques. Avec 20 % du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié dépendant de ce passage, toute escalade militaire ou économique pourrait aggraver une crise déjà profonde. Les déclarations de Trump et les menaces de représailles iraniennes s’ajoutent à un contexte où les échanges de tirs entre les deux pays se multiplient, tandis que les pourparlers diplomatiques s’effritent.
La position de l’Oman, qui tente de jouer un rôle de médiateur, illustre les divisions au sein du Golfe. Alors que Muscat cherche à rétablir un corridor maritime sûr, Washington a menacé de bombarder le sultanat si celui-ci entravait ses propres négociations avec Téhéran. Une posture qui révèle l’ampleur des tensions et l’absence de solution immédiate à une crise dont les répercussions dépassent largement les frontières régionales.