L’État stratège : levier indispensable pour l’entrepreneuriat en Afrique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 34 lectures
L’État stratège : levier indispensable pour l’entrepreneuriat en Afrique

L’État doit-il se retirer du financement du secteur privé ou en être le stratège ? À la tête de la DER/FJ, Abdoulaye Niane défend une vision interventionniste, où l’action publique corrige les défaillances du marché pour booster l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Un rôle pivot pour l’État dans l’écosystème entrepreneurial

Depuis sa nomination il y a un mois, Abdoulaye Niane, directeur de la Délégation générale à l’Entrepreneuriat des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), martèle une idée centrale : l’État ne doit pas se substituer au secteur privé, mais en être l’architecte stratégique. Dans un contexte où les politiques d’ajustement structurel des années 1990 prônaient un retrait de l’État, Niane rappelle que les dysfonctionnements du marché – notamment l’accès limité au crédit pour les PME, les jeunes et les femmes – nécessitent une intervention publique ciblée. Les exemples asiatiques, comme la Chine, illustrent cette approche : des subventions et un soutien étatique ont permis à des entreprises nationales de se développer, malgré une concurrence internationale déloyale. En Afrique, des instruments comme ceux de la DER/FJ visent à combler ces lacunes, en offrant des financements et des formations à des entrepreneurs souvent exclus du système bancaire classique.

Selon Niane, l’État doit jouer un rôle d’interface, corrigeant les déséquilibres du marché sans étouffer l’initiative privée. Les crédits octroyés par la DER/FJ, dépassant les 200 milliards de francs CFA, ont déjà touché des milliers de bénéficiaires, bien que l’impact global reste à évaluer. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de développement inclusif, où l’emploi et l’employabilité sont au cœur des priorités.

Transparence et efficacité : les défis de la gestion publique

Au-delà de la question du financement, Abdoulaye Niane souligne l’exigence de transparence dans la gestion des institutions publiques. Pour lui, la crédibilité des mécanismes de soutien dépend de leur rigueur administrative et de leur capacité à rendre des comptes. La DER/FJ, en affichant des résultats concrets – financements et formations –, cherche à démontrer l’efficacité de son action. Pourtant, le défi reste de taille : mesurer l’impact réel de ces dispositifs sur l’économie locale et l’emploi, un exercice complexe qui nécessite des études approfondies.

Cette approche interventionniste, bien que controversée, s’inscrit dans une tendance plus large en Afrique, où plusieurs pays misent sur des modèles hybrides pour stimuler leur croissance. L’enjeu est double : éviter les distorsions de concurrence tout en garantissant un accès équitable aux ressources pour les acteurs les plus vulnérables. Dans un continent où l’entrepreneuriat informel représente une part majeure de l’économie, la question du rôle de l’État dans le financement du secteur privé reste plus que jamais d’actualité.

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