Deux actions en justice distinctes, une même accusation : l’État français aurait failli à ses obligations dans le traitement du volet français de l’affaire Epstein, au point de commettre une « faute lourde ». Ebba Karlsson, ex-mannequin suédoise, et l’association Innocence en Danger ont chacune assigné l’État devant le tribunal judiciaire de Paris, dénonçant une inaction judiciaire et un déni de justice. Les audiences initiales sont prévues pour 2027.
Deux plaintes pour une même accusation : l’État français mis en cause
Ebba Karlsson, qui accuse Daniel Siad, rabatteur présumé de Jeffrey Epstein, de viol dans les années 1990, a assigné l’État français pour « faute lourde » devant le tribunal judiciaire de Paris. Son avocat, Me William Bourdon, dénonce une « inaction fautive du service public de la justice », notamment l’absence de garde à vue et d’audition de Daniel Siad malgré les plaintes déposées. Une procédure distincte, portée par Me Mathias Darmon, a également été engagée par l’association Innocence en Danger, qui rejoint l’accusation d’un « fonctionnement défectueux du service public de la justice » et d’un « déni de justice ».
La mort de Daniel Siad, un tournant dans l’affaire
La découverte du corps de Daniel Siad, retrouvé sans vie à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine) fin juillet, a mis un terme aux investigations le concernant. Pourtant, cette issue a été vécue comme une « injustice » par les victimes potentielles, dont Ebba Karlsson. « Il était innocent », avait affirmé son avocate, Ménya Arab-Tigrine, contestant les accusations portées contre lui. Malgré la disparition du principal mis en cause, le parquet de Paris maintient son enquête sur le volet français de l’affaire Epstein, sans que les dysfonctionnements reprochés à la justice ne soient pour autant résolus.
Une colère partagée par les associations de victimes
Homayra Sellier et Me Jean Sannier, respectivement présidente et avocat d’Innocence en Danger, ont exprimé leur solidarité avec Ebba Karlsson. L’association dénonce un « déni de justice » et une « faute lourde » de l’État, estimant que les victimes de l’affaire Epstein méritent des comptes. « Nous partageons la colère de toutes les victimes de ce terrible dossier », a déclaré Me Sannier, soulignant l’urgence d’une réponse judiciaire à ces manquements. Les audiences, prévues courant 2027, pourraient marquer un tournant dans la reconnaissance des responsabilités de l’État.