Quatre ans après la controverse sur le recours massif aux cabinets de conseil privés, l'État français affiche une réduction significative de ses dépenses dans ce domaine. Le budget consacré à ces prestations est passé de 272 millions d'euros en 2021 à 60 millions d'euros en 2025, marquant une volonté de reprise en main de l'expertise stratégique par les administrations.
Une trajectoire budgétaire à la baisse
La chute des dépenses, bien que marquée, n'a pas été linéaire. Après une hausse ponctuelle de 31 % en 2024, atteignant 96 millions d'euros en raison de calendriers de projets spécifiques, le gouvernement a réussi à stabiliser ses coûts à 60 millions d'euros pour l'année 2025. Cette enveloppe englobe huit catégories de prestations, allant du conseil juridique aux études techniques. La part dédiée au conseil en stratégie et organisation, cœur de la polémique initiale, a été réduite de moitié, ne représentant désormais qu'un quart des dépenses totales.
La fin de l'ère McKinsey et le tournant de 2022
Le recours aux cabinets privés avait été vivement critiqué lors de la campagne présidentielle de 2022, suite aux révélations d'une commission d'enquête sénatoriale sur le doublement des dépenses de conseil sous le premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Le cabinet américain McKinsey, particulièrement sollicité durant la crise sanitaire, s'était retrouvé au centre d'une enquête du parquet national financier pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, aboutissant à la saisie de 65 millions d'euros dans ses comptes en septembre dernier.
Réinternalisation et nouveaux plafonds
Pour pérenniser cette maîtrise budgétaire, l'État mise sur la montée en puissance de sa propre agence de conseil interne. Créée il y a deux ans, cette structure emploie une soixantaine de personnes et permettrait d'économiser environ 11 millions d'euros par an en évitant le recours à des prestataires externes. Parallèlement, le gouvernement s'apprête à réduire drastiquement le plafond de son accord-cadre interministériel pour la période 2027-2031, qui passera de 200 millions à 25 millions d'euros, signalant une volonté durable de limiter la dépendance aux acteurs privés pour les missions de transformation publique.