Face à l’augmentation des cyberattaques et à la fuite de données fiscales ayant touché 678 000 contribuables cet été, l’État français accélère son recours à l’intelligence artificielle. Trois ministères testeront d’ici quelques semaines des solutions développées par la start-up Mistral, avec un investissement de six millions d’euros sur deux ans.
Cybersécurité et fraude : les priorités ministérielles
Le gouvernement a identifié trois axes prioritaires pour le déploiement de l’IA de Mistral. Le premier concerne la cybersécurité, un domaine sous tension après plusieurs piratages récents, dont celui de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) en juillet. L’administration cherche à renforcer ses défenses pour éviter de nouvelles fuites de données sensibles. Le deuxième axe porte sur la lutte contre la fraude, avec des outils d’apprentissage automatique déjà utilisés pour détecter des irrégularités, notamment dans le secteur immobilier. Enfin, le ministère de la Justice testera l’IA pour accélérer le traitement des contentieux de masse et désengorger les tribunaux.
Un partenariat public-privé sous contrôle
Ce projet, financé à hauteur de six millions d’euros pour la période 2026-2027, s’appuie sur une collaboration directe entre Mistral et les administrations. Des ingénieurs de la start-up seront détachés au sein des ministères pour adapter les solutions aux besoins spécifiques. Les outils pourront être hébergés sur différentes infrastructures, selon le niveau de sensibilité des données : cloud souverain d’Outscale, centres de données publics ou infrastructures de Mistral. Le partenariat, conclu via une procédure de marché public, n’est pas exclusif, laissant la porte ouverte à d’autres acteurs.
Souveraineté numérique et risques persistants
Cette initiative s’inscrit dans une logique de renforcement de la souveraineté numérique française, alors que les cybermenaces se multiplient. Mistral, déjà partenaire du ministère des Armées, de France Travail et de l’Assurance maladie, confirme son rôle clé dans l’écosystème public. Cependant, le déploiement de ces outils soulève des questions sur leur efficacité à long terme et leur capacité à anticiper des attaques toujours plus sophistiquées. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces expérimentations.