Les autorités sanitaires de l'État d'Oyo, au Nigeria, ont recensé 131 cas suspects de fièvre de Lassa entre janvier et le 10 septembre 2026. Si seulement six cas ont été confirmés et un décès déploré, la situation souligne les défis persistants de la surveillance épidémiologique face à une maladie dont les symptômes initiaux se confondent souvent avec ceux du paludisme.
Un dispositif de surveillance activé
La commissaire à la Santé de l'État d'Oyo, Oluwaserimi Ajetunmobi, a précisé que le protocole de réponse est systématiquement enclenché dès l'identification d'un cas suspect. Le centre d'opérations d'urgence et les agents de surveillance sont mobilisés pour effectuer des prélèvements systématiques, envoyés en laboratoire pour confirmation. Cette réactivité permet d'isoler les cas positifs et de les traiter immédiatement, tout en écartant les diagnostics négatifs qui ne sont pas liés à la fièvre de Lassa.
Des cycles de transmission en mutation
Traditionnellement associée aux saisons sèches, notamment entre octobre et novembre puis de mars à avril, la fièvre de Lassa semble désormais échapper à ces schémas saisonniers classiques. Les autorités sanitaires attribuent cette évolution aux changements climatiques, qui modifient les dynamiques de transmission. Cette imprévisibilité impose aux populations une vigilance accrue tout au long de l'année, les symptômes tels que la fièvre, les maux de gorge, les vomissements ou la faiblesse générale devant systématiquement alerter les citoyens.
Prévention et hygiène environnementale
La lutte contre la fièvre de Lassa repose en grande partie sur la maîtrise de l'environnement immédiat. La commissaire insiste sur l'importance de l'assainissement : une gestion rigoureuse des déchets est indispensable pour limiter la prolifération des rongeurs, vecteurs principaux du virus. Les ménages sont encouragés à protéger leurs stocks alimentaires, à boucher les accès aux habitations et à maintenir une hygiène rigoureuse, incluant le lavage fréquent des mains.
Consignes strictes pour le personnel soignant
Au-delà des mesures citoyennes, les autorités appellent les professionnels de santé à une prudence maximale. Chaque patient présentant des symptômes fébriles doit être traité avec les précautions d'usage, incluant le port systématique d'équipements de protection individuelle comme les gants et les masques. Cette approche préventive vise à éviter les contaminations nosocomiales et à garantir une prise en charge rapide, essentielle pour réduire les risques de complications graves liées à une consultation tardive.