La promulgation de la loi sur le secteur de l'électricité dans l'État d'Ondo, actée le 13 août 2026 par le gouverneur Lucky Aiyedatiwa, marque un tournant dans la gestion énergétique régionale. Ce cadre législatif, rendu possible par la décentralisation initiée au niveau fédéral, vise à favoriser l'investissement privé et le déploiement de solutions énergétiques durables pour transformer le tissu économique local.
Un levier pour la transformation agricole
L'accès à une énergie fiable est identifié comme le moteur principal de la réduction de la pauvreté dans les zones agraires. Selon Abdulghani Rotimi Arobo, candidat à la Chambre des représentants pour la circonscription d'Owo/Ose, cette réforme doit permettre de réduire drastiquement les pertes post-récoltes. En alimentant des unités de transformation et de stockage, l'électricité devient un outil de valorisation des produits agricoles, permettant aux communautés rurales de passer d'une agriculture de subsistance à une économie de transformation locale.
Priorité aux solutions hors réseau
Le nouveau cadre légal encourage l'adoption de solutions alternatives, notamment les mini-réseaux solaires. La circonscription d'Ose, dont certaines localités sont privées d'électricité depuis plus d'une décennie, est ciblée comme un hub potentiel pour ces projets pilotes. L'objectif est de pallier les carences du réseau national par des infrastructures décentralisées, capables de répondre rapidement aux besoins des zones isolées et de soutenir le développement de petites industries artisanales.
Formation technique et création d'emplois
Au-delà de la simple fourniture d'énergie, la stratégie repose sur le développement de compétences locales. Le déploiement massif de systèmes d'énergie renouvelable nécessite une main-d'œuvre qualifiée pour l'installation et la maintenance des équipements. Cette dynamique est présentée comme une opportunité majeure pour la jeunesse de l'État d'Ondo, avec la création de nouveaux débouchés professionnels dans les services techniques liés aux énergies vertes.
L'impératif d'une mise en œuvre concrète
Si la loi est saluée comme une avancée majeure issue de la collaboration entre les autorités fédérales et étatiques, les acteurs locaux insistent sur la nécessité d'une exécution rigoureuse. Le passage du texte législatif à une réalité opérationnelle sur le terrain est désormais l'enjeu central pour garantir que les promesses d'industrialisation et de développement économique ne restent pas lettre morte. Le succès de cette réforme dépendra de la capacité des autorités à transformer ce cadre juridique en projets d'infrastructure tangibles pour les populations rurales.