L'opposant ougandais Kizza Besigye, figure historique de la contestation contre le président Yoweri Museveni, se trouve dans un état de santé préoccupant après plusieurs mois de détention. Son hospitalisation récente, la quatrième depuis son incarcération, a provoqué une vague d'indignation parmi les défenseurs des droits humains qui pointent la responsabilité conjointe de Kampala et de Nairobi dans cette situation critique.
Une extradition contestée entre Nairobi et Kampala
L'affaire remonte à novembre 2024, lorsque Kizza Besigye, âgé de 70 ans, a été enlevé à Nairobi avant d'être transféré de force en Ouganda. Si les autorités kényanes ont officiellement reconnu avoir coopéré avec Kampala dans cette opération, invoquant l'intérêt national, cette reconnaissance a suscité une vive controverse. Des organisations de défense des droits humains dénoncent aujourd'hui une extradition illégale et exigent que les responsables kényans, dont le président William Ruto, rendent des comptes sur leur implication dans ce dossier.
Le parcours judiciaire d'un opposant historique
Ancien médecin personnel du président Museveni, Kizza Besigye est devenu, il y a plus de 25 ans, l'un des opposants les plus influents du pays. Son arrestation en 2024 a marqué une nouvelle étape dans la répression politique ougandaise. Initialement traduit devant une cour martiale pour des accusations de « trahison », il a vu son dossier renvoyé devant une juridiction civile par la plus haute instance judiciaire du pays. Ce processus judiciaire s'inscrit dans un climat de tensions accrues, marqué par l'arrestation récurrente de figures de l'opposition et d'avocats par l'armée ougandaise.
Une santé dégradée sous haute surveillance
L'état de santé de M. Besigye, décrit comme « très faible » par son épouse Winnie Byanyima, directrice exécutive de l'Onusida, est devenu le point focal de la mobilisation. Après un malaise survenu fin juillet 2025 lors d'une audience au tribunal, l'opposant a été admis en soins intensifs avant d'être transféré dans un hôpital proche de Kampala. Alors que ses soutiens dénoncent un complot visant à éliminer une figure majeure de la vie politique ougandaise, des manifestations ont été annoncées pour exiger sa libération immédiate et une prise en charge médicale appropriée.