L'État de Kaduna s'impose comme un précurseur au Nigeria en intégrant systématiquement la santé mentale dans ses réseaux de soins primaires et secondaires. Cette réforme, portée par une collaboration étroite entre les autorités locales et le Centre hospitalier neuropsychiatrique fédéral de Barnawa, vise à décentraliser l'accès aux soins tout en garantissant le respect des droits humains des patients.
Un déploiement massif du programme mhGAP
Le gouverneur Uba Sani a annoncé que Kaduna est désormais la seule entité sous-nationale du pays à avoir pleinement intégré la santé mentale à son architecture sanitaire. Une première cohorte de 100 professionnels de santé — médecins, infirmiers et pharmaciens — issus de dix hôpitaux généraux a été certifiée selon le programme d'action « mhGAP » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'objectif est d'étendre cette couverture à l'ensemble des 30 hôpitaux généraux et aux centres de santé primaires répartis dans les 23 zones de gouvernement local de l'État.
La technologie au service de la décentralisation
Pour pallier les difficultés d'accès géographique, l'administration a lancé un programme de télépsychiatrie. Ce dispositif permet aux spécialistes du centre hospitalier de Barnawa d'appuyer les agents de santé sur le terrain, réduisant ainsi les coûts et les déplacements pour les familles résidant dans les zones rurales isolées. Parallèlement, l'hôpital a introduit une « carte patient numérique intelligente ». Ce support facilite la gestion des dossiers médicaux, des rendez-vous et des paiements électroniques, marquant une transition vers une administration hospitalière dématérialisée et plus efficace.
Un cadre législatif et humain renforcé
La stratégie de Kaduna repose également sur une base juridique solide avec l'adoption, en septembre 2025, d'une loi dédiée à la santé mentale. Ce texte institutionnalise la protection des droits et de la dignité des personnes souffrant de troubles psychiques. Le modèle, qualifié d'humain et fondé sur des preuves scientifiques, inclut désormais le dépistage systématique de la santé mentale dans le cadre des services de santé maternelle et infantile. Cette approche globale, saluée par les autorités médicales, transforme la prise en charge en un effort collectif, où la prévention et l'écoute active complètent les interventions cliniques.