Le gouverneur de l'État de Jigawa, Umar Namadi, déploie une stratégie ambitieuse pour faire passer le secteur agricole d'une production de subsistance à une industrie compétitive et technologique. Ce plan, intégré à l'agenda de développement de l'État, repose sur des réformes institutionnelles majeures et des investissements ciblés dans la chaîne de valeur.
Réformes institutionnelles et mécanisation
Pour structurer cette transformation, l'administration de Jigawa a créé l'Agence de transformation agricole ainsi qu'un ministère dédié au développement de l'élevage. Ces structures assurent le pilotage et la coordination des politiques publiques. Sur le terrain, l'État a mis en place 60 centres de mécanisation équipés de 400 tracteurs et 60 moissonneuses-batteuses. Parallèlement, le réseau d'agents de vulgarisation agricole a été renforcé pour atteindre près de 2 000 professionnels, garantissant un meilleur encadrement des producteurs locaux de riz, de sésame et de blé.
Incubation et entrepreneuriat agricole
L'objectif affiché est de stimuler la création d'emplois pour la jeunesse à travers un programme d'incubation d'agribusiness. Ce dispositif vise à former 10 000 entrepreneurs et à favoriser l'émergence d'au moins 500 petites et moyennes entreprises. En connectant les agriculteurs aux technologies, aux services financiers et aux marchés, l'État cherche à rendre l'activité agricole plus rentable et résiliente face aux aléas climatiques et économiques.
Partenariat scientifique avec l'IITA
La stratégie de Jigawa s'appuie fortement sur la recherche appliquée, notamment via un partenariat avec l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA). Cette collaboration se concentre sur l'amélioration des variétés de cultures comme le maïs, le soja et le manioc, ainsi que sur la gestion de la santé des sols et la lutte contre les maladies. L'Institut de recherche agricole de l'État de Jigawa a été repositionné pour répondre aux défis concrets des exploitants, tout en bénéficiant de programmes de formation de haut niveau pour renforcer les compétences locales.
Indicateurs de performance et perspectives
Le succès de cette transformation sera évalué par des indicateurs précis : l'augmentation des rendements, la réduction des pertes post-récolte et la solidité des chaînes de valeur. Le gouverneur Namadi souligne que l'enjeu est de transformer les connaissances scientifiques en résultats mesurables pour améliorer les revenus des ménages ruraux. Cette dynamique, qui intègre également des services vétérinaires mobiles dans les 287 wards de l'État, marque une volonté de pérenniser la sécurité alimentaire tout en créant un écosystème économique viable.