L'État de Cross River mise sur la sédentarisation de l'élevage pour apaiser les tensions foncières

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
L'État de Cross River mise sur la sédentarisation de l'élevage pour apaiser les tensions foncières

Pour endiguer les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs, le gouvernement de l'État de Cross River, au Nigeria, engage une transition vers un modèle d'élevage sédentaire et structuré. Cette stratégie repose sur la création de ranchs et de clusters de production, visant à remplacer les pratiques de transhumance non encadrées par un système économique organisé.

Une transition vers l'élevage intensif

L'administration du gouverneur Bassey Otu souhaite rompre avec la gestion traditionnelle du bétail, jugée source d'instabilité. Liyel Imoukhuede, conseiller spécial chargé du développement de l'élevage, a précisé que le gouvernement procède actuellement à l'identification de terres destinées à l'aménagement de fermes de démonstration et de zones de pâturage. Cette planification foncière sera strictement encadrée par les cadres légaux en vigueur et respectera les droits des communautés locales.

Au-delà du foncier : un écosystème complet

Le projet ne se limite pas à l'octroi de terres. Selon les autorités, la viabilité d'un ranch moderne dépend d'infrastructures critiques telles que l'accès à l'eau, les services vétérinaires, la sécurisation des sites, ainsi que la connectivité aux marchés. L'objectif affiché est de fournir aux éleveurs un environnement productif tout en garantissant la protection des terres agricoles, afin de réduire les points de friction qui entravent le développement rural.

La gestion des flux transfrontaliers

La position géographique de l'État de Cross River, situé sur un corridor international de bétail, impose une vigilance particulière. Le gouvernement mise sur le renforcement de la station de quarantaine et de détention animale de Mfum-Ajassor, dans la zone d'Etung. Cette infrastructure est présentée comme un levier stratégique pour assurer la traçabilité sanitaire, surveiller les maladies animales et sécuriser les échanges commerciaux transfrontaliers, tout en régulant les mouvements de troupeaux sur le territoire.

Un équilibre entre sécurité et économie

La philosophie de cette réforme repose sur une approche tripartite : la protection des agriculteurs, la pérennisation économique des éleveurs et l'organisation rationnelle de la filière. En structurant la production, l'État espère transformer un secteur souvent marqué par des conflits violents en un moteur économique stable, capable de répondre aux besoins du marché tout en préservant la cohésion sociale.

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