Le gouvernement de l'État d'Anambra a été la cible d'une manœuvre frauduleuse sophistiquée impliquant une entité se présentant comme une agence fédérale rattachée au Secrétariat du Gouvernement de la Fédération (SGF). Cette supercherie, démasquée par la Commission indépendante des pratiques de corruption et autres infractions connexes (ICPC), a conduit les autorités locales à collaborer de bonne foi avec des usurpateurs sur un projet d'envergure nationale.
Une infiltration par les canaux officiels
L'implication de l'État d'Anambra a débuté en janvier 2026, lorsqu'une correspondance officielle a été adressée au gouverneur Chukwuma Soludo. La missive, émanant du prétendu « Bureau du Made-in-Nigeria », sollicitait la nomination d'un point focal étatique pour coordonner des activités économiques. Cette requête, présentée sous le sceau de la légitimité institutionnelle, a poussé la secrétaire au gouvernement de l'État (SSG), Chiamaka Nnake, à accepter cette fonction. Par la suite, une coordination nationale a été mise en place, incluant des représentants des 36 États du pays au sein d'un groupe de travail numérique.
Le projet d'une foire commerciale détourné
Fort de cette apparente reconnaissance, le faux organisme a proposé l'organisation d'une foire commerciale « Made-in-Nigeria » destinée à la zone Sud-Est, avec l'État d'Anambra comme hôte. Le projet, prévu pour se tenir du 2 au 5 décembre 2026, a fait l'objet d'une préparation active. Une réunion inaugurale s'est même tenue il y a deux semaines, en présence du soi-disant coordinateur national de l'agence, renforçant la crédibilité de l'initiative auprès des autorités locales.
La clarification des autorités d'Anambra
Suite à l'intervention de l'ICPC confirmant le caractère fictif de l'agence, la secrétaire au gouvernement de l'État a tenu à clarifier sa position. Chiamaka Nnake a souligné que son engagement s'est limité aux interactions administratives formelles initiées par le biais des canaux officiels. Elle a formellement décliné toute responsabilité ou connaissance concernant les activités parallèles, les revendications ou les développements occultes qui pourraient être associés à cette organisation frauduleuse. Cet incident met en lumière les risques d'usurpation d'identité institutionnelle auxquels les gouvernements locaux peuvent être exposés malgré l'application des procédures administratives usuelles.